| Tchad: en six mois, le camp de réfugiés de Dosseye s'est mué en village |
| CAMP DE DOSSEYE (AFP) - Il y a seulement six mois, il n'y avait rien ici. Puis des tentes ont surgi, rapidement remplacées par des cases. Aujourd'hui, le camp de réfugiés centrafricains de Dosseye (sud du Tchad) n'a rien à envier aux villages voisins. |
Fadimatou vient d'arriver à Dosseye. Pour l'instant, cette veuve centrafricaine, qui a franchi à pied la frontière tchadienne, n'a reçu qu'une tente estampillée HCR (Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés) et des boîtes de biscuits pour elle et ses quatre jeunes enfants.
"Nous sommes arrivés seulement avec ça", dit-elle en indiquant deux nattes posées à terre. "Je ne pouvais pas transporter plus".
La solidarité a vite joué. Une soeur de Fadimatou, qui a également fui quelques semaines auparavant les violences du nord de la Centrafrique, est installée dans ce même camp. Désormais bardée du statut d'ancienne de Dosseye, elle a reçu des dotations matérielles et des rations alimentaires.
"Elle m'a prêté quelques ustensiles de cuisine, alors je suis arrivée à préparer un repas aujourd’hui", se réjouit-elle en touillant de la bouillie dans une casserole.
Fadimatou a été installée au coeur du quartier des nouveaux arrivants. Tout autour d'elle trônent des tentes neuves, des tas de bois encore en désordre, et des réfugiés désorientés.
"Hier, j’avais trouvé un point d’eau à proximité. Mais aujourd’hui, impossible de le retrouver", explique-t-elle. En revanche, le marché du camp est tout près, et elle a pu le visiter dès ce matin.
Car Dosseye, un camp créé en décembre 2006 pour les nouveaux arrivants centrafricains, ressemble déjà à un village.
La plupart des 4.500 réfugiés installés ici, des femmes et des enfants pour l'essentiel, ont rapidement abandonné les tentes du HCR pour construire leur propre case en paille, en terre ou, pour les plus fortunés, en briques.
"On est agréablement surpris, ces nouveaux réfugiés sont très entreprenants, ils n’attendent pas l’assistance", assure Vladimir Mijovic, le chef du bureau du HCR à Goré, la ville tchadienne la plus proche située tout près de la frontière centrafricaine.
"Leur priorité, ajoute-t-il, c’est de créer des abris, avant la saison des pluies".
"Avant, ici, c’était une forêt vierge", se souvient Zakaria, un responsable de la Commission nationale d'accueil et de réinsertion des réfugiés (Cenar). "Ils se sont organisés très vite. Sous une tente, il fait très chaud. Les réfugiés sont des paysans ou des nomades, ils préfèrent se construire des abris aérés".
Outre le marché, on trouve à Dosseye un boulanger, des tailleurs et un boucher. "Je ne gagne pas grand chose", affirme ce dernier. "Mais ça me permet de me payer des déjeuners et d’améliorer un peu ma vie".
Plus loin, un vieil homme entouré de tas de vêtements s’active sur sa machine à coudre à pédales. "J’étais tailleur en Centrafrique. J’ai juste pu emporter cette machine. Et ici, ça me permet de gagner 500 francs CFA (0,76 euro) par-ci, 300 par-là", se félicite-t-il.
Fuyant l'insécurité dans le nord de leur pays, quelque 44.000 Centrafricains se sont réfugiés dans le sud du Tchad ces dernières années, et continuent d'y affluer. A ce rythme, la surpopulation pourrait rapidement menacer le camp de Dosseye.
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| Publié le: 28/05/2007 à 08:37:07 GMT |
Source : AFP |
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