| Soudan: le footballeur condamné à 40 coups de fouet plaide son innocence |
| KHARTOUM (AFP) - La star nigeriane du football Stephen Worgu a plaidé son innocence jeudi après sa condamnation par un tribunal soudanais à 40 coups de fouet pour avoir bu de l'alcool, une boisson interdite à Khartoum où la loi islamique est en vigueur. |
"Je ne suis pas coupable de ce crime... je ne peux même pas m'imaginer en train d'être fouetté", a déclaré à une poignée de journalistes la star du grand club soudanais al-Merreikh d'Omdurman, ville jumelle de Khartoum.
Le jeune footballeur a été condamné mardi à 40 coups de fouet et à 50 livres soudanaises (20 dollars) d'amende pour avoir bu de l'alcool et à 200 livres soudanaises (80 dollars) supplémentaires pour conduite en état d'ébriété.
Il avait été interpellé par la police le 21 août dans le quartier al-Taief de Khartoum.
Alors qu'il circulait la nuit en voiture, des policiers dans un autre véhicule lui ont fait signe de ralentir, a-t-il dit.
"Je pensais que mon véhicule avait un problème et je me suis arrêté... Ils m'ont emmené à la station de police, mais c'est moi qui conduisait la voiture", a ajouté le jeune Nigerian de confession chrétienne.
"Si la police vous arrête parce que vous êtes saoul, la première chose qu'elle est censée faire est de vous empêcher de reprendre le volant, mais ces gars n'ont rien fait de la sorte", a souligné le jeune footballeur, qui ne parle pas l'arabe, langue vernaculaire dans la capitale soudanaise.
Des proches sont venus le chercher au poste de police au petit matin. Il a alors appris que les policiers lui reprochaient de sentir "l'araki", une boisson locale abordable, mais illégale, confectionnée à partir de dattes, de levure et d'eau.
"Ils ont dit que j'ai bu de l'araki... J'ai demandé à mon avocat: +c'est quoi l'araki+. L'avocat m'a dit que c'est une boisson locale alcoolisée. L'avocat a dit que je gagnais un bon salaire donc comment puis-je boire de l'araki qui se vend une livre (40 cents)", a plaidé Stephen Worgu.
Ce dernier, transféré l'an dernier au club al-Merreikh pour 2,6 millions de dollars, une fortune pour le championnat soudanais, a affirmé ne pas avoir été l'objet d'un test médical par la police pour vérifier s'il avait bu de l'alcool.
Il a été reconnu coupable en vertu de l'article 78 du code pénal soudanais de 1991 - adopté deux ans après le coup d'Etat du militaire Omar el-Béchir appuyé par les islamistes - qui interdit entre autre la consommation d'alcool. Son avocat a interjeté appel de la décision de la cour.
Au Soudan, des femmes sont parfois condamnées en vertu de l'article 152 du code pénal qui prévoit une peine maximale de 40 coups de fouet pour quiconque "commet un acte indécent, un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents".
La journaliste devenue activiste Loubna Ahmed al-Hussein mène actuellement un combat pour faire invalider cet article de loi.
Dans un entretien en avril à la chaîne BBC, Stephen Worgu avait affirmé trouver "difficile" son adaptation à la vie soudanaise. "La culture, la religion, la langue, tout est différent... Ils ont cette charia - loi islamique - et cela m'affecte aussi parce que je ne me sens pas libre de faire ce que je veux" avait-il dit.
"A cette période, c'était très difficile mais j'ai appris beaucoup depuis", a-t-il nuancé jeudi, affirmant ne pas regretter son expérience soudanaise malgré des commentaires parfois rudes de la part des partisans du club al-Hilal, grand rival d'al-Merreikh.
"Je suis toujours content d'être venu ici... mais mon but demeure de jouer en Europe".
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| Publié le: 12/11/2009 à 16:50:36 GMT |
Source : AFP |
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