Somalie: les pirates relâchent trois Seychellois, captifs depuis février
NAIROBI (AFP) - Les pirates somaliens ont libéré trois Seychellois retenus en otage depuis la capture de leur catamaran dans l'océan Indien en février, a annoncé lundi le gouvernement des Seychelles dans un communiqué.
Les trois hommes étaient toutefois retenus lundi à Galkayo, dans la région autoproclamée autonome du Puntland (nord-est de la Somalie) où les autorités accusent les Seychelles d'avoir échangé les trois otages contre 23 pirates somaliens présumés rapatriés samedi.
"Conrad André, Gilbert Victor et Robin Samson devraient être transférés de Somalie (sous peu) et attendent un vol depuis la Somalie vers les Seychelles", a précisé le gouvernement des Seychelles dans son communiqué.
Selon le ministre seychellois de l'Environnement, des ressources naturelles et des transports, Joel Morgan, aucune rançon n'a été payée pour la libération des trois otages.
"Aucune somme n'a été versée aux pirates par le gouvernement des Seychelles", a déclaré M. Morgan à l'AFP par téléphone, refusant de préciser si une éventuelle rançon avait pu être payée par une tierce partie.
"La libération des otages seychellois n'est pas liée au rapatriement des 23 hommes somaliens ce week-end. Un échange des Seychellois contre les Somaliens n'a pas eu lieu", a insisté M. Morgan.
Les 23 Somaliens avaient quitté les Seychelles samedi vers la Somalie, une décision motivée officiellement aux Seychelles par "la difficulté qu'il y avait à les poursuivre pour actes de piraterie".
"Nous ne possédons pas de preuves suffisantes et donc, en respect des lois internationales, nous avons décidé de les rapatrier", avait ajouté M. Morgan.
Les pirates avaient été débarqués et les trois otages embarqués simultanément à Garaad, un village côtier du sud du Puntland, l'un des principaux repaires de pirates somaliens.
Les autorités du Puntland considèrent que les deux avions ayant transporté les pirates ont atterri illégalement.
"Les deux avions transportaient 23 pirates, qui auraient semble-t-il été échangés contre trois marins des Seychelles", a indiqué le gouvernement du Puntland dans un communiqué.
Selon ce communiqué, le ministre puntlandais de l'Aviation civile Ahmed Elmi Osman avait été informé que les deux avions "transportaient de l'aide humanitaire aux habitants du Puntland".
Le Puntland a également épinglé le Kenya, où ont transité les deux avions et leurs 23 pirates, accusant des responsables de l'aéroport international de Nairobi de tolérer "le passage clandestin de pirates et les transferts de rançons".
Les autorités du Puntland ajoutent avoir arrêté 10 personnes (les trois otages, cinq membres d'équipage et deux négociateurs) à bord des deux avions peu après leur atterrissage pour une escale technique à Galkayo (Puntland), en provenance de Garaad.
"Ces personnes impliquées dans le passage clandestin de pirates et le transfert de rançons n'avaient pas d'autorisation légale pour atterrir au Puntland et font à présent l'objet d'une enquête criminelle", poursuit le communiqué du Puntland.