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Silvio Berlusconi proclame à Naples la fin de la crise des déchets
Le premier ministre italien Silvio Berlusconi à Naples le 18 juillet 2008. (© AFP - Mario Laporta)
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NAPLES (Italie), (AFP) - Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a annoncé vendredi à Naples (sud) que la "phase dramatique" de la crise des ordures était terminée mais un règlement définitif du problème demandera encore du temps.
"En 58 jours", depuis l'annonce par le gouvernement d'un plan d'action pour régler la crise, "Naples et sa région sont redevenues des endroits propres" après avoir "ruinées notre image à l'étranger", s'est félicité le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse à l'issue d'un Conseil des ministres.

"Une nouvelle phase commence, celle qui consiste à faire fonctionner le système de traitement des ordures avec la construction des incinérateurs", a-t-il expliqué.

Le gouvernement a annoncé en mai l'ouverture programmée d'une dizaine de décharges, au besoin protégées par l'armée en cas de manifestations hostiles des habitants, et la construction de quatre incinérateurs, dont le premier devrait commencer à fonctionner en janvier prochain.

Le Cavaliere a cependant averti que "trois ans seraient nécessaires pour un règlement définitif" de la crise, lors d'une intervention vendredi matin à Rome devant le syndicat des agriculteurs.

Depuis son retour au pouvoir après les élections législatives d'avril, Berlusconi a fait du règlement de la crise des ordures l'une des priorités de son mandat.

"Naples, le centre historique et la périphérie la plus proche sont propres. Il n'y a plus d'ordures, mais dans les zones plus lointaines, la situation est catastrophique", témoignait vendredi un photographe de l'AFP.

"La crise des déchets n'est pas terminée, comme le savent très bien les habitants de la région. De nombreux pas en avant ont été faits mais il y a encore des milliers et des milliers de tonnes d'ordures dispersées dans la région", a dénoncé Roberto Della Seta, sénateur du Parti démocrate (PD, opposition) et membre de la commission parlementaire pour l'environnement.

"La route est encore longue pour doter la Campanie (la région de Naples) d'un système de gestion des déchets efficace", a-t-il estimé dans une interview au quotidien de gauche l'Unita.

Le même journal publie en première page et dans ses pages intérieures des photos de tas d'immondices dans la périphérie de Naples.

L'amélioration de la situation a été rendue possible grâce à l'ouverture de deux décharges dans la région et aux trains de déchets envoyés en Allemagne pour y être traités.

L'une des plus importantes décharges, celle de Chiaiano, dans la banlieue napolitaine, est en cours d'aménagement.


Cette ancienne carrière pourra accueillir des déchets en septembre avec une capacité totale de 700.000 tonnes.

Naples et sa région sont placées depuis 14 ans en "état d'urgence déchets" ce qui a valu à l'Italie l'ouverture de poursuites en mai devant la Cour européenne de justice.

La mafia napolitaine, la Camorra, est aussi pointée du doigt comme responsable de la crise car elle a infiltré le marché rémunérateur de la gestion des déchets.

Huit décharges illégales ou contenant des déchets toxiques ont ainsi été placées sous séquestre vendredi. Elles étaient contrôlées par le clan des Casalesi, un des plus puissants de la Camorra.

Publié le: 18/07/2008 à 21:44:14 GMT Source : AFP
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