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Pour ses adeptes, le principal danger de la spéléologie, c'est son image
Des péléologues sortent du gouffre de Bief Bousset le 8 janvier 2008 à Déservillers. (© AFP/Archives - Jeff Pachoud)
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LANS-EN-VERCORS (AFP) - "La spéléologie, c'est moins dangereux que le ping-pong": la formule pourrait faire sourire, mais prononcée par la présidente de la fédération française de spéléologie, elle souligne le ras-le-bol des adeptes face à la mauvaise image de leur discipline en terme de sécurité.
"On souffre de cette image d'activité accidentogène: la spéléo c'est moins dangereux que le ping-pong ou la randonnée, statistiquement et proportionnellement au nombre de pratiquants", estime Laurence Tanguille, présidente de la FFS, en marge du 4e congrès européen de la discipline. Celui-ci se tient jusqu'au 30 août à Lans-en-Vercors (Isère), avec près de 2.000 pratiquants du continent qui ont fait le déplacement.

"Il y a une dizaine d'accidents par an alors que la randonnée pédestre, c'est quelques milliers", ajoute-t-elle. Alors, face au traitement médiatique réservé à la spéléologie, "trop souvent citée dans la presse à l'occasion seulement de coups durs", le ras-le-bol monte dans les grottes.


"Quand il y a découverte d'un gouffre très difficile, avec de nouvelles ressources en eau, on n'en parle jamais: c'est un des problèmes auquel nous avons à faire face", regrette ainsi Michel Siffre, qui a notamment mené en 1962 une célèbre expérience sous terre, hors du temps, permettant d'établir que l'être humain possédait une horloge interne.

A l'occasion du congrès, la question des secours est donc mise sur la place publique, avec débats et démonstrations d'opérations.

Car la situation a bien évolué. Michel Siffre parle même d'un "autre monde" par rapport à son époque.

"Il n'y avait quasiment rien, se souvient-il, les secours étaient quasiment inconnus, cela s'est mis en place petit à petit dans les quarante dernières années". Une amélioration due en grande partie aux innovations technologiques.

"Là où il fallait 20 minutes pour mettre des spits (accrochages dans la roche), les perceuses avec batteries autonomes nous permettent de le faire maintenant en une ou deux minutes", explique-t-il.

Surtout, les moyens de communication ont énormément évolué.

"Il n'y a pas si longtemps, on déroulait des centaines et des centaines de mètres de fils de téléphones, et cela mobilisait une énergie énorme", rappelle Laurence Tanguille.

"Mais depuis environ cinq ans, le système Nicola (système de propagation des ondes par le sol) permet de communiquer à des profondeurs très importantes", indique-t-elle. "C'est très important car toutes les minutes comptent".

"C'est extraordinaire", confirme Michel Siffre, "l'autre jour, on m'a appelé du fond de la plus grande cavité du Maroc alors que j'étais sur une route des Alpes maritimes avec mon portable!".

Les spéléologues mettent aussi en avant "la grande solidarité" qui les unit dans les moments difficiles.

"Sur les 8.000 licenciés de la FFS, il y a à peu près 2.000 sauveteurs, et nous sommes la seule discipline, avec les sauveteurs en mer, à organiser nos propres secours", rappelle Annick Meunier, vice-présidente de la FFS.

"Le chef des opérations de secours, ce n'est pas un pompier, ni un gendarme, c'est un spéléo", insiste Laurence Tanguille. "Les corps constitués viennent en appoint".

Publié le: 27/08/2008 à 09:45:29 GMT Source : AFP
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