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Sarkozy accusé d'une "reprise en main" de la télévision publique
Nicolas Sarkozy et le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes le 30 mai 2008 à Vienne (© AFP/Archives - Gerard Cerles)
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PARIS (AFP) - "Reprise en main", "régression" : le président français Nicolas Sarkozy était accusé jeudi par l'opposition et de nombreux médias de vouloir contrôler la télévision publique, au lendemain de l'annonce d'une réforme prévoyant la nomination de son patron par le gouvernement.
Depuis son arrivée au pouvoir, il y a plus d'un an, le lien entre M. Sarkozy et les médias est scruté par l'opposition de gauche qui lui reproche ses "amitiés" avec les principaux patrons des groupes de médias privés, notamment de télévision.

Le président français a notamment été accusé dans le passé d'être intervenu pour évincer, ou nommer, certains journalistes.

Présentant à la presse une réforme de l'audiovisuel public, M. Sarkozy a souhaité mercredi soir que le président de France Télévisions (qui regroupe cinq chaînes publiques) soit à l'avenir "nommé par l'exécutif après avis conforme du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), et sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle".

Jusqu'à présent, c'est le CSA, un organisme public, qui nomme le président de la télévision publique.

Le parti socialiste a aussitôt dénoncé "un coup grave" porté "à l'indépendance des médias".

Il s'agit d'une "reprise en main" de l'audiovisuel public par le pouvoir, a estimé jeudi la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, pendant que la vice-présidente du parti centriste MoDem, Marielle de Sarnez, évoquait un retour "des décennies en arrière".

Même au sein du gouvernement, le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, issu de la gauche, a dit ne "pas aimer" cette idée.

De son côté, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a qualifié le projet d'"inacceptable", jugeant qu'il "redonne au pouvoir exécutif la capacité de contrôler la ligne éditoriale des médias publics".

La presse écrite n'était pas en reste jeudi, à l'exception notable du Figaro, principal quotidien national de droite.

"La France avait mis des décennies à se dégager imparfaitement d'une sujétion archaïque. Elle y revient d'un seul geste (...) Nous vivons une formidable régression", dénonçait le quotidien de gauche Libération.

"Silvio Berlusconi n'avait pas osé (...) Nicolas Sarkozy l'a fait", écrivait le journal régional Paris-Normandie, tandis que Le Dauphiné Libéré y a vu le retour du "très bon vieux temps de l'ORTF", l'Office de Radiodiffusion Télévision Française, supprimé en 1974.

Face à la montée des critiques, la ministre de la Culture Christine Albanel est intervenue. "Il y a suffisamment de verrous et de contrôle pour qu'on en puisse pas parler de prise de contrôle du pouvoir", a-t-elle assuré jeudi.

De son côté, le Premier ministre François Fillon a dénoncé le "caractère hypocrite" du système actuel de nomination à France Télévision, jugeant que celui proposé par M. Sarkozy est "plus clair et mieux contrôlé".

Le président français a également annoncé mercredi la fin de la publicité sur la télévision publique après 20H00 dès janvier et a proposé de compenser le manque à gagner par une taxe de 0,9% sur les opérateurs de téléphonie et d'internet.

Son objectif est de faire disparaître totalement la publicité des écrans de la télévision publique à partir du 1er décembre 2011.

"Nous voulons donner à nos chaînes publiques les moyens d'une plus grande liberté", a expliqué M. Sarkozy.

Pour les socialistes, l'ensemble de la réforme n'existe que "pour masquer les multiples cadeaux faits récemment aux chaînes privées", comme l'augmentation du volume publicitaire autorisé sur leurs antennes.

Publié le: 26/06/2008 à 13:23:34 GMT Source : AFP
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