| Entre rumeurs et danger, le conflit en Géorgie fut dur pour les photographes |
| PERPIGNAN (AFP) - Les photographes qui se sont retrouvés au festival "Visa pour l'image" de Perpignan s'accordent à dire qu'entre les rumeurs et le danger, le conflit en Géorgie a été particulièrement difficile à couvrir. |
A son arrivée dans la région, le 9 août, Pierre Terdjman de l'agence Gamma, a essayé de se rendre à Tskhinvali, en Ossétie du Sud, mais la zone était bloquée par les Russes et les milices ossètes, raconte-t-il.
"C'était compliqué sur le terrain en Géorgie. Les gens ne savaient pas ce qui se passait", raconte le photographe, parlant d'une "guerre des rumeurs", notamment autour de l'avancée des troupes russes.
Les Russes, eux, venaient chercher les journalistes et faisaient des convois. "Ils nous escortaient à Gori (entre la capitale Tbilissi et l'Ossétie du Sud) pour leur montrer la situation", poursuit-il, assurant que les Russes "ont compris rapidement qu'il était nécessaire de gérer leur image". Puis les Géorgiens ont fait pareil. "C'était une vraie guerre de la communication", assure-t-il.
Alvaro Canovas, photographe à Paris-Match, s'est rendu dès le 8 août dans les villages entre Gori et la frontière ossète. "Il y a eu une guerre officielle avec les images que tout le monde a vues: celles des chars russes à Gori puis leur avancée vers Tbilissi", dit-il.
"Mais la sale guerre, c'était derrière ces chars, avec les miliciens ossètes incontrôlables qui ont créé une zone de non-droit", explique le photographe. "Les journalistes craignaient que leur matériel ne soit pris par les miliciens. Avec quelques journalistes, on a failli se faire voler nos voitures", raconte Alvaro Canovas.
"Les Géorgiens sont les rois de la rumeur", ajoute-t-il. "Il y avait des vents de panique, dès que quelqu'un annonçait l'arrivée des Russes, on voyait l'armée et la police géorgiennes qui avançaient puis reculaient puis réavançaient", raconte le photographe.
Dimitry Kostyukov, photographe russe de l'Agence France-Presse, était lui en Ossétie du sud.
"Les Ossètes étaient très en colère et abattus quand je suis arrivé", raconte-t-il. "Ils reprochaient aux médias d'avoir montrer beaucoup d'images des quelques immeubles détruits à Gori, et trop peu de Tskhinvali, qui avait été bombardée par les Géorgiens", ajoute le photographe.
"Cette guerre n'a pas été facile à couvrir. Des deux côtés il y a eu beaucoup de mensonges, de rumeurs", selon lui.
Mais sa principale difficulté a été de photographier les Ossètes. "Les Géorgiens sont connus pour surexprimer leur colère, leur tristesse. Les Ossètes au contraire ont plutôt l'allure de soldats et refusent de montrer leurs sentiments", assure le photographe.
"Par exemple, ils ne voulaient pas être pris en photo en train de chercher de l'aide alimentaire ou de pleurer", explique-t-il.
Pour Yuri Kozyrev, autre photographe russe en Ossétie du sud, le conflit a été "particulièrement dangereux". "Les miliciens ossètes ont beaucoup bu, excités à l'idée de devenir indépendants, et étaient imprévisibles", raconte ce photographe, de l'agence Noor en contrat avec le magazine Time, qui travaille depuis 2002 en Irak.
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| Publié le: 06/09/2008 à 10:03:35 GMT |
Source : AFP |
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