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Les Robin des bois de l'électricité s'activent dans un township sud-africain
Des enfants jouent au football à Soweto, le 12 octobre 2009.</HeadLine></NewsLines><AdministrativeMetadata><Provider><Party FormalName="AFP/Archives"/></Provider><Creator><Party FormalName="Yasuyoshi Chiba"/></Creator></AdministrativeMetadata><NewsCompone
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SOWETO (Afrique du Sud) (AFP) - A genoux devant un paquet de fils électriques, Walter Khumalo reconnecte illégalement les compteurs dans le célèbre township sud-africain de Soweto. En pleine guerre contre la compagnie publique d'électricité Eskom, il sait qu'il enfreint la loi.
Tout à coup, quatre hommes surgissent et se jettent sur lui avant de l'embarquer dans leur voiture siglée Eskom. L'électricien sera finalement relâché deux heures plus tard.

Cet "enlèvement" ne surprend pas le Comité de crise électrique de Soweto (SECC) dont fait partie Walter. Régulièrement confronté à ce genre de situation et menacé, ce groupe ne veut pas céder. Il dit lutter pour garantir un accès à l'électricité dans ce township au sud de Johannesburg au nom de la Constitution sud-africaine.


"On rend à la communauté ce dont elle a besoin. Le gouvernement a promis de l'électricité, des services de base gratuits pour tous (...) Nous appliquons la politique qu'ils ont échoué à mettre en place sur le terrain pour les communautés", justifie Bobo Majhoba, à la tête du groupe des jeunes du SECC.

Pour Eskom, il en va tout autrement avec seulement 20% des foyers de Soweto qui payent leur facture.

¨Etre sans emploi et avoir des difficultés ne vous donnent pas le droit de faire des choses illégales. C'est comme si on disait que si on n'a pas de travail, on peut voler un portefeuille. On ne peut pas faire cela", s'indigne Bandile Jack, un responsable d'Eskom chargé de clientèle dans cette zone.

D'autant plus que ces vols, qui s'ajoutent à celui des câbles, plongent un peu plus dans le rouge les comptes de la société, qui traverse une grave crise avec une lutte de pouvoir au sein de sa direction.

Face au manque d'électricité et au vieillissement des infrastructures, Eskom s'est même résolue à accroître drastiquement ses tarifs (+27,5% en 2008, +31,3% cette année). La compagnie veut aujourd'hui tripler ses prix sur les trois ans à venir, ce qui a provoqué la colère des plus modestes.

Et la SECC a promis de continuer le combat à Soweto.

"Nous n'avons pas beaucoup d'argent et de moyens pour lutter contre Eskom si ce n'est physiquement et émotionnellement. On met plus d'équipes sur le terrain pour reconnecter les gens, c'est comme cela qu'ils (Eskom) auront la pression", affirme Bobo Majhoba, à la tête du groupe des jeunes du SECC.

La première puissance économique du continent, régulièrement confrontée à des manifestations, souvent violentes, pour de meilleurs services publics, peine à répondre à la demande quinze ans après la fin de l'apartheid.


Environ 43% des Sud-Africains vivent avec moins de deux dollars par jour et près de 40% de la population active est au chômage. Ils attendent toujours que le gouvernement tienne les promesses faites à la chute du régime ségrégationniste. Mais avec la récession économique qui frappe pour la première fois l'Afrique du Sud depuis 17 ans, la misère devrait encore s'accentuer.

Isaac Lebodi voit régulièrement débarquer les employés de la compagnie publique venus lui couper le courant. "Maintenant, je leur dois environ 6.000 rands (810 dollars, 540 euros) d'arrièrés mais je leur verse environ chaque mois 300 rands", précise-t-il dans sa petite maison en briques.

"Je ne peux pas tout leur rembourser parce que je ne travaille pas. Je n'ai pas d'argent", se désole-t-il.

Publié le: 12/11/2009 à 19:22:52 GMT Source : AFP
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