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Reprise en main attendue de "Freddie et Fannie" par les pouvoirs publics
NEW YORK (AFP) - La reprise en main par les pouvoirs publics des deux entités chargées du refinancement hypothécaire aux Etats-Unis, Freddie Mac et Fannie Mae, s'annonçait imminente ce week-end, un scénario redouté depuis des semaines par le marché car il laisse de côté les actionnaires.
Le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier, a affirmé vendredi soir que le Trésor américain était sur le point de finaliser son plan de sauvetage de Freddie Mac et Fannie Mae, une intervention dont le principe avait été annoncé en juillet mais dont les modalités restent à arrêter.

Des détails de cette intervention pour consolider deux groupes vitaux pour le système du crédit immobilier américain - ils détiennent ou garantissent 5.200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit plus de 40% de l'encours de crédit immobilier du pays - ont été rapportés par le quotidien samedi.


Si les parties impliquées - le Trésor, la Réserve fédérale (Fed), le nouveau régulateur du refinancement hypothécaire (FHFA) et les deux groupes - mettent actuellement la dernière main au plan, il semble arrêté que le régulateur aura la tutelle de Freddie Mac et de Fannie Mae, selon les sources citées par le quotidien.

Une injection de capital par le gouvernement est également au programme, selon les mêmes sources. L'opération "pourrait survenir de manière graduelle, sur une base trimestrielle, plutôt qu'en une seule infusion de capitaux", est-il précisé.

Autre élément apparemment réglé, "un grand ménage au niveau de l'exécutif de Fannie Mae et Freddie Mac", ce qui impliquerait la démission des PDG respectifs, Daniel Mudd et Richard Syron.

Cette reprise en main par les pouvoirs publics, si elle est avérée, représentera une nouvelle intervention de taille de Washington dans l'édifice financier américain pour tenter d'atténuer et de résorber une crise qui dure depuis un peu plus d'un an déjà.

Celle-ci a été déclenchée par l'effondrement du marché immobilier et des produits financiers associés aux crédits hypothécaires à risques "subprime", et a contaminé depuis plusieurs segments de marché du crédit.

En mars, Bear Stearns, l'une des cinq plus grosses banques d'affaires de Wall Street, avait été sauvée de la faillite grâce à un plan piloté par l'administration Bush, et par lequel la banque a été rachetée pour une bouchée de pain par sa consoeur JPMorgan.

Pour "Freddie et Fannie", du surnom des deux groupes sur les marchés, le spectre de la "nationalisation" a été au coeur des spéculations tout l'été, poussant les deux groupes à rassurer officiellement sur leurs niveaux de liquidités et à démentir toute aide en vue des pouvoirs publics.

Pourtant, les grandes lignes du plan dévoilées en juillet étaient claires: le Trésor peut augmenter temporairement la ligne de crédit qu'il consent aux deux groupes et il peut aussi racheter leurs actions; par ailleurs, la Fed peut les laisser se refinancer à sa fenêtre d'escompte, au même titre que les banques commerciales et les banques d'affaires.

Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert Capital Markets, estimait récemment qu'"une recapitalisation est nécessaire", au vu de l'énormité des engagement financiers de Freddie Mac et Fannie Mae et de "beaucoup d'inconnues" sur leurs marges de manoeuvre.

Les deux groupes doivent refinancer une grosse portion de leur dette, quelque 223 milliards de dollars, d'ici fin septembre.

Pour cet analyste, "la question est de savoir si (la recapitalisation) va venir du secteur public ou du privé".

"Dans le cas d'une nationalisation, les détenteurs de dette seront sauvés, mais les actionnaires vont perdre leurs investissements", avait-il averti.

Les déboires des deux groupes ont déjà eu des conséquences désastreuses pour les actionnaires, la valeur des titres Fannie Mae et Freddie Mac ayant fondu de 90% en un an.

Publié le: 06/09/2008 à 16:52:01 GMT Source : AFP
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