| Reportage sur la mort d'un enfant palestinien: Charles Enderlin débouté |
| PARIS (AFP) - Huit ans après la diffusion d'un reportage controversé sur la mort d'un enfant palestinien, le correspondant de la chaîne publique France 2 à Jérusalem Charles Enderlin a perdu mercredi en appel son procès en diffamation contre un internaute qui affirmait que le reportage avait été truqué. |
Directeur d'une société se présentant comme une agence de notation des médias, Philippe Karsenty a "exercé de bonne foi son droit de libre critique" et "n'a pas dépassé les limites de la liberté d'expression", a estimé dans son arrêt la cour d'appel de Paris, qui a décidé de relaxer le prévenu, sans se prononcer explicitement sur le contenu du reportage.
L'avocate de France 2, Me Bénédicte Amblard, a indiqué que la chaîne "se pos(ait) très sérieusement la question d'un pourvoi en cassation", car "la décision est à l'exact opposé de celle de première instance" concernant la bonne foi du prévenu.
Me Patrick Maisonneuve, son contradicteur, a salué une décision qui reconnaît qu'"il y a un débat, notamment sur les rushes (l'ensemble des images prises d'un événement, ndlr)".
Dans son arrêt, consulté par l'AFP, la cour relève que "l'examen des rushes ne permet plus d'écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure" et qui avaient mis en doute l'authenticité du reportage.
Elle reconnaît que les propos litigieux étaient bien diffamatoires, car ils portaient "incontestablement atteinte à l'honneur et à la réputation des professionnels de l'information".
Toutefois, poursuit-elle, "il est légitime pour une agence de notation des médias d'enquêter, serait-ce en raison de l'impact qu'ont eues les images critiquées dans le monde entier, sur les conditions dans lesquelles le reportage en cause a été tourné et diffusé".
En première instance, le 19 octobre 2006, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé Philippe Karsenty coupable de diffamation et l'avait condamné à payer 1.000 euros d'amende et un euro de dommages-intérêts.
Sur son site internet le 22 novembre 2004, M. Karsenty avait qualifié de "supercherie" et de "série de scènes jouées" un reportage du correspondant permanent de France 2, tourné dans la bande de Gaza le 30 septembre 2000, dans les premiers jours de la deuxième Intifada.
Un Palestinien de 12 ans, Mohammed al-Doura, protégé par son père, y perdait la vie lors d'un échange de tirs entre l'armée israélienne et des activistes palestiniens. Les images de l'enfant avaient été largement diffusées dans le monde et avaient donné lieu à une controverse sur l'origine des tirs ayant provoqué sa mort.
Le 27 février, les magistrats avaient longuement disséqué ce reportage. Quelques semaines plus tôt, ils avaient visionné les rushes du tournage.
Tandis que Charles Enderlin, soutenu par la directrice de l'information de France 2 Arlette Chabot, avait contesté point par point les accusations de "bidonnage", M. Karsenty avait de nouveau dénoncé une "pure et simple mise en scène", s'étonnant de ce qu'il a estimé être des incohérences entre le reportage et les rushes.
Il avait fait valoir notamment qu'on ne relevait que sept impacts de balle derrière le père et son fils, alors que France 2 affirmait que tous deux étaient restés 45 minutes sous le feu d'armes automatiques.
Il avait également évoqué les rushes, où l'on voit, dans les secondes qui suivent la fin du reportage diffusé par France 2, l'enfant bouger légèrement, laissant entendre qu'il n'était pas mort à ce moment-là.
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| Publié le: 21/05/2008 à 19:04:47 GMT |
Source : AFP |
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