| Record du brut à Londres, craintes sur l'Iran et une pénurie d'essence |
| LONDRES (AFP) - Les cours du brut ont battu un nouveau record historique mardi à Londres, à quelques cents du seuil de 70 dollars, les tensions entre Téhéran et Washington et les craintes d'une pénurie d'essence poussant investisseurs et spéculateurs à l'achat. |
A Londres, sur l'IntercontinentalExchange (ICE), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a atteint le prix de 69,70 dollars vers 08H50 GMT. Vers 16H00 GMT, les opérateurs prenaient leurs bénéfices et le baril cédait 12 cents à 68,63 USD sur l'échéance de mai.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en mai reculait de 44 cents à 68,30 dollars.
"La poussée des cours s'est un peu essoufflée avant les 70 dollars, mais le marché a semblé déterminé à se lancer à l'assaut de ce seuil", a commenté Simon Wardell, analyste au cabinet Global Insight.
Ce sont les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis qui inquiètent prioritairement les opérateurs. La République islamique refuse de renoncer à l'enrichissement de son uranium, ce qui lui vaut d'être la cible de pressions internationales.
Mais, alors que le marché s'était habitué à l'escalade des pressions diplomatiques, la possibilité de l'option militaire a fait surface ce week-end dans la presse américaine et ravivé les craintes d'une dégradation sérieuse de la situation.
Mardi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l'Iran allait "rejoindre prochainement le club des pays ayant la technologie nucléaire".
Or, en situation de risque, la logique spéculative, comme la volonté de garantir l'approvisionnement, poussent les investisseurs à l'achat et font grimper les prix.
L'Iran, quatrième producteur mondial de brut, produit environ 4 millions de barils par jour (mbj). Il exporte surtout vers l'Asie et l'Europe, mais pas aux Etats-Unis.
Aux risques géopolitiques s'ajoutaient des craintes sur l'approvisionnement en brut et en essence.
Le marché est à l'heure actuelle privé de plus de 600.000 barils par jour (selon une estimation haute) de pétrole nigérian, d'une qualité très appréciée des raffineurs, car facile à convertir en essence.
La compagnie Royal Dutch Shell avait annoncé la semaine dernière que le champ EA, qui produit à lui seul 115.000 barils par jour, pourrait rouvrir cette semaine, à condition que les inspections préliminaires le permettent. Contactée par l'AFP, un porte-parole a expliqué mardi que Shell en était toujours au stade des inspections.
"La pénurie de brut léger nigérian est d'autant plus inquiétante que l'on s'approche de la haute saison de consommation d'essence" que représente l'été aux Etats-Unis, observait Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays Capital.
Les réserves américaines d'essence sont en baisse continue depuis plus d'un mois et les opérateurs s'attendent encore à l'annonce mercredi d'une baisse de 2,2 millions de baril des stocks la semaine dernière aux Etats-Unis.
D'un point de vue technique, estime Simon Wardell, une dynamique de hausse est bien en place de toute façon, ce dont témoignent les prix des contrats futurs: pour livraison en juillet ou plus tard, ils évoluaient tous au-dessus de 70 dollars à New York. Cette structure du marché témoigne d'anticipations de prix à la hausse à moyen terme, "ce qui a tendance à soutenir l'achat au comptant", note l'analyste.
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| Publié le: 11/04/2006 à 17:24:32 GMT |
Source : AFP |
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