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Le réchauffement pousse plantes et animaux à vivre de plus en plus haut
Photo prise dans la Sierra Nevada, le 9 mai 2008 (© AFP/Getty Images/Archives - David Mcnew)
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WASHINGTON (AFP) - Des forêts tropicales d'Amérique centrale aux montagnes de la Sierra Nevada en Californie, le réchauffement climatique contraint espèces animales et végétales à migrer à des altitudes plus élevées pour survivre, selon des études parues jeudi.
Or, ces migrations risquent d'être compromises par l'activité humaine qui fractionne les habitats naturels, comme les coupes claires dans les forêts.

Selon les auteurs d'un des rapports, la température moyenne dans les zones de climat tropical a augmenté de plus de 0,75 degré centigrade depuis 1975 et les modèles climatiques prévoient une hausse de plus de trois degrés au cours du siècle prochain dans les forêts tropicales d'Amérique centrale et du sud.

Un tel réchauffement va modifier les zones de températures de 600 mètres en altitude, selon l'écologiste Robert Coldwell, de l'université du Connecticut (est), principal auteur de ce rapport paru dans la revue Science du 10 octobre.

Les espèces tropicales vont devoir probablement migrer vers de plus hautes altitudes pour trouver des températures qui leur conviennent, estime-t-il.

Ces scientifiques ont recueilli des données sur près de 2.000 espèces de plantes et d'insectes à différentes altitudes sur les pentes recouvertes de forêt tropicale d'un volcan au Costa Rica culminant à près de 3.000 mètres.

Ils ont découvert qu'environ la moitié de ces espèces vivaient dans des zones très étroites en termes d'altitude et qu'un réchauffement modifiant l'échelle des températures de 600 mètres en altitude allait les forcer à s'adapter à un environnement totalement nouveau.

L'écologiste souligne que de telles migrations des plantes et animaux vers de plus hautes altitudes se produit déjà sous des latitudes plus tempérées, où les températures ont davantage augmenté.

Ce phénomène, observé par exemple dans les Alpes pour des végétaux, a été également constaté dans le parc national de Yosemite, dans les montagnes de la Sierra Nevada en Californie (ouest), selon une recherche également publiée jeudi dans Science.

Le réchauffement climatique de ces dernières décennies a ainsi forcé de nombreux petits mammifères à vivre à des altitudes plus élevées, selon cette étude conduite par Craig Moritz, biologiste de l'Université de Californie à Berkeley.

Cette recherche visait à comparer l'état des populations de petits mammifères présentes aujourd'hui dans le célèbre parc à celles de 1918, date du précédent grand recensement.

Les chercheurs ont constaté qu'au cours de cette période de 90 ans, la moitié de ces espèces comme les écureuils, les musaraignes et les souris ont migré vers des altitudes plus élevées.

"La raison qui saute au yeux est le réchauffement climatique", estime Craig Moritz.

La partie centrale de la Sierra Nevada connaît un réchauffement général, comme l'indiquent une hausse de trois degrés Celsius des températures minimales nocturnes ces dernières décennies et la fonte des glaciers.

"Ces changements dans la composition de la faune se produisent depuis toujours mais probablement pas à un rythme aussi rapide, à savoir la durée d'une vie humaine", relève James Patton, professeur retraité de biologie de l'Université de Californie, l'un des co-auteurs de ces travaux.

Selon lui, ces changements sont trop rapides et risquent de compromettre l'écosystème.

"C'est tout simplement quelque chose que nous ignorons et si je pouvais, je préférerais diminuer le rythme de ces changements", ajoute le biologiste.

Le phénomène mis en évidence à Yosemite confirme la nécessité de maintenir des zones protégées, par exemple des parcs nationaux, dans lesquelles les espèces peuvent migrer en réponse au changement climatique, sans subir les interférences de la présence humaine qui perturbe ces mouvements, soulignent les auteurs de l'étude.

Publié le: 09/10/2008 à 18:58:33 GMT Source : AFP
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