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L'ex-producteur d'une vedette de Secret Story lourdement condamné en appel
PARIS (AFP) - Un producteur de musique a vu jeudi sa peine plus que doublée par la cour d'appel de Paris, qui l'a condamné à six ans ferme pour avoir manipulé et agressé sexuellement plusieurs aspirantes chanteuses, dont Tatiana, la finaliste du jeu de téléréalité de TF1 Secret Story.
Le 12 février, le tribunal correctionnel de Paris avait reconnu Jean-Michel Tengang-Bogogam coupable d'"abus de faiblesse", d'"agressions sexuelles" et de "menaces de mort" sur quatre de ses anciennes élèves.

Pour ces faits, remontant aux années 2000 à 2002, il avait été condamné à 5 ans d'emprisonnement, dont 30 mois avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve de 3 ans avec obligation de se soigner.


Le quinquagénaire d'origine camerounaise avait fait appel de cette décision.

Mal lui en a pris puisque jeudi, la 10e chambre de la cour d'appel l'a condamné à six ans ferme, lui interdisant également d'enseigner dans le domaine du spectacle durant cinq ans. Son nom sera inscrit au fichier des délinquants sexuels et il sera contraint à un suivi socio-judiciaire durant dix ans.

Après avoir porté plainte, Tatiana s'était finalement désistée de son action. Son absence n'a toutefois pas empêché les magistrats d'évoquer sa situation, au même titre que celle des trois autres victimes, présentes elles tant en appel qu'en première instance.

Créateur de l'école Noise of Rose à Rouen, M. Tengang-Bogogam y attirait des jeunes filles afin, promettait-il, d'en faire "les meilleures chanteuses du monde". Il se disait l'inventeur d'un nouveau concept, le "jazz sexy".

Le problème, avait dénoncé en première instance Me Sylvie Breton-Lardenois, avocate de deux victimes, c'est qu'il est passé "du chant aux photos, des photos habillées aux photos nues, puis aux vidéos et aux attouchements sexuels".

Selon un rapport d'expertise versé à l'instruction, "les méthodes sectaires ont toutes été employées dans le cadre de cette école": coupure du milieu familial, thématique sexuelle pour former les élèves, menaces de mort, mise à disponibilité complète de leur vie à leur "gourou".

Devant le tribunal, l'avocat du prévenu, Me Jean-Marie Viala, avait plaidé que ces jeunes femmes avaient été victimes non pas de son client, mais "de la société française" qui ne donne plus qu'une ambition aux jeunes filles: "devenez une star, devenez Tatiana". Selon lui, ce message les avait préparées à "adhérer aux principes d'un homme qui leur promettait d'être star".

M. Tengang-Bogogam n'a pas encore décidé s'il formait ou non un pourvoi en cassation, a indiqué à l'AFP son avocat, se refusant tout autre commentaire.

Cette affaire avait marqué les esprits en 2005 pour une toute autre raison. Alors que son mari était mis en examen dans ce dossier et que la justice voyait en elle une complice, Mme Tengang-Bogogam avait pénétré avec un bidon de 5 litres d'essence dans le palais de justice de Rouen pour brûler une secrétaire et s'immoler.

Publié le: 20/11/2008 à 18:11:21 GMT Source : AFP
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