| Prières et gestes de solidarité à Fort Hood, sous le choc de la fusillade |
| FORT HOOD (AFP) - Les bras chargés de victuailles, quatre volontaires frappent à la porte d'une maison en briques, près de la base militaire de Fort Hood (Texas, sud), où Kanesha réside avec ses filles. Son mari a été blessé pendant la sanglante fusillade de jeudi qui a fait 13 morts. |
Le sergent Alvin Howard, 37 ans, se préparait à être déployé en Afghanistan en janvier. Touché à l'épaule par le tireur, il est encore à l'hôpital, comme 16 autres victimes.
"Je regardais les informations à la télévision et ils parlaient du centre où mon mari était supposé être. J'ai imaginé le pire", raconte la femme du sergent sur son perron, sous un ciel plombé.
"Comment cela peut-il arriver chez nous, à la maison?", s'interroge-t-elle, en avouant avoir "peur pour la sécurité de mes filles", qu'elle serre contre elle.
Allana, 9 ans, raconte que sa petite soeur de 7 ans, Kristen, "a commencé à pleurer à l'hôpital. Elle n'avait jamais vu notre papa avec des bandages comme ça". "On l'a pris dans nos bras et on l'a embrassé sur la joue", dit-elle, un peu timide devant les caméras et les photographes.
"Les gens ont été très solidaires, ils nous ont beaucoup aidées, je veux remercier tout le monde, et je prie pour les familles qui ont perdu..." La voix brisée par les larmes, elle ne peut finir sa phrase.
Le sergent Howard fait partie d'un bataillon d'ingénieurs de combat qui a perdu quatre hommes lors du massacre perpétré par un psychiatre de l'armée de Terre, Nadil Malik Hasan.
Pour montrer leur soutien aux familles des victimes, les membres de cette unité et leurs familles se pressaient dimanche au quartier général du bataillon pour apporter des plats faits à la maison, des fruits et des sodas.
"J'ai fait des spaghettis", explique Misty Wright, une jeune femme dont le mari est dans l'armée. "On ne connaissait aucune des victimes, mais on est sous le choc", dit-elle, son saladier dans les mains.
Tout de suite après la fusillade, "on a reçu des courriels, des coups de téléphone, des cartes, des paquets. C'est extraordinaire", s'exclame la femme du commandant du bataillon d'ingénieurs, Casey Andrysiak, venu avec son fils de deux ans apporter des plats chauds.
Aux quatre coins de la base, les fidèles affluaient sous une fine bruine pour assister aux offices religieux. Ce dimanche, la tuerie était dans toutes les têtes.
"Ces derniers jours ont été horribles et tout le monde a été touché d'une façon ou d'une autre par cette tragédie", déclare devant l'assistance l'aumônier Frank Jackson. "Tous cherchent une explication, quelqu'un à accuser. Aujourd'hui, nous faisons une pause pour t'écouter, Dieu. Tu es l'espoir".
Sur un banc, un soldat se met à pleurer.
A la chapelle Comanche, qui accueille une communauté essentiellement noire, le service démarre par un gospel à la gloire de Jésus. Les fidèles chantent et tapent dans leurs mains.
"Ce matin, je vais parler de la manière de surmonter cette épreuve", explique l'aumônier Jason Black, qui anime le service.
"Le pardon est toujours un aspect de la question dans ces cas-là, mais cela ne sera pas le thème direct de mon message".
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| Publié le: 08/11/2009 à 23:30:58 GMT |
Source : AFP |
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