| Plaidoyer libéral au forum des entreprises UE-Amlat à Lima |
| LIMA (AFP) - Entrepreneurs et responsables politiques européens et latino-américains ont plaidé en faveur du libéralisme pour en finir avec la misère et assurer un développement durable en Amérique latine, où vivent près de 200 millions de pauvres, avant un sommet intercontinental vendredi à Lima. |
"Etre de gauche ne signifie pas être idiot. Pour créer de l'emploi et de la croissance, il faut des investissements", a lancé le président péruvien Alan Garcia, à l'ouverture de ce forum organisé en prélude au sommet entre l'Union européenne (UE) et l'Amérique latine, dont la première édition avait eu lieu à Vienne en 2006.
M. Garcia, qui mène une politique résolument libérale tout en se proclamant de gauche, a fustigé, sans jamais les nommer, les gouvernements populistes latino-américains, les accusant "d'administrer la misère".
Le dirigeant péruvien a appelé ses collègues de la région à ouvrir leurs frontières aux investissements, "sans complexe et sans craintes", rappelant que son pays, grâce à cette politique, accumulait 80 mois de croissance sans interruption.
Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, lui a emboîté le pas, insistant sur la nécessité de "maintenir voire augmenter" les investissements pour préserver la "magnifique croissance" qu'a connue la région.
"Des abus ont parfois été commis", a-t-elle ajouté, sans préciser lesquelles, "mais le secteur privé et les investissements étrangers bien administrés sont les moteurs du développement", a-t-elle souligné.
Le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside actuellement l'UE, a indiqué de son côté que les chances étaient bonnes d'atteindre l'objectif fixé à Vienne lors du précédent sommet UE-Amlat, et qui proposait de doubler les échanges commerciaux entre les deux régions d'ici à 2012.
L'Amérique latine a presque doublé ses exportations vers l'UE entre 2000 et 2007, atteignant plus de 142 milliards de dollars, selon les statistiques du bureau européen Eurostat.
Les participants à cette rencontre ont mis cette année l'accent sur le développement durable, "vecteur de croissance", selon Dirk Beeuwsaert, président de Suez Energy International, soulignant à l'instar du président de la Banque interaméricaine de développement (BID), Luis Alberto Moreno, que la croissance ne générait pas forcément la satisfaction sociale.
M. Moreno a appelé les gouvernements de la région à accompagner cette croissance de politiques sociales, prenant l'exemple de la crise alimentaire. Il a ainsi encouragé les pays producteurs agricoles de la région à ne pas limiter leurs exportations pour ne pas provoquer de renchérissement des prix internationaux.
L'Argentine, que M. Moreno n'a toutefois pas citée, limite régulièrement ses exportations de blé dans le souci d'augmenter l'offre domestique afin de maintenir les prix les plus bas. Le président de la BID a préconisé de ce point de vue des aides ciblées en faveur des plus défavorisés et non une politique de prix subventionnés, qui profite aussi aux classes moyennes supérieures.
En conclusion de ce forum, la chancelière allemande Angela Merkel s'est félicitée des "relations économiques intenses" entre l'UE et l'Amérique latine, se disant "impressionnée" par le doublement des échanges économiques entre ces deux régions.
"Nous voulons investir (en Amérique latine) et être un partenaire fiable, sur un pied d'égalité", a-t-elle déclaré, soulignant elle-aussi que la croissance n'était toutefois "pas une fin en soi si elle ne se faisait pas au bénéfice de tous".
L'Amérique latine est la région du monde la plus inégalitaire, selon les Nations unies, avec 194 millions de pauvres, soit 36,5% de ses habitants et 71 millions d'indigents (13,4%).
|
| Publié le: 16/05/2008 à 10:28:46 GMT |
Source : AFP |
|
|