| Le pianiste Pierre-Laurent Aimard, ou le souci de ses contemporains |
| PARIS (AFP) - Serviteur des plus grands compositeurs de son temps, comme Boulez, Ligeti ou Messiaen, le pianiste Pierre-Laurent Aimard poursuit une carrière exigeante, entre création contemporaine et répertoire, à bonne distance du "show-bizz à tout crin". |
Lundi soir (20H00), ce Lyonnais de 49 ans donnera au Théâtre des Champs-Elysées à Paris un récital au programme original, uniquement constitué d'"études".
En plus d'une douzaine de ces pièces signées Chopin, Liszt, Rachmaninov, Debussy, Scriabine, Messiaen et Ligeti, il interprètera les "Etudes symphoniques" de Schumann, monument qu'il a enregistré sur le vif pour un remarquable disque (Warner) récemment publié.
La soirée, mêlant musique d'aujourd'hui et répertoire, reflète bien l'éclectisme intègre de ce musicien discret mais demandé pour des "cartes blanches" et autres "résidences" dans les plus grandes salles, du Carnegie Hall de New York à la Philharmonie de Berlin et au Konzerthaus de Vienne.
"Dans ma démarche intérieure, le répertoire a toujours tenu une place essentielle", explique-t-il à l'AFP.
Pourtant, s'il regrette d'avoir été "catalogué" comme champion de la seule musique de son temps, il ne le nie pas : la création a constitué sa "priorité", notamment dans les années 1970 "où l'actualité contemporaine était prodigieuse".
Vainqueur du Concours Olivier Messiaen à Royan en 1973 - à 16 ans -, Pierre-Laurent Aimard est recruté trois ans plus tard comme soliste au sein de l'Ensemble intercontemporain nouvellement créé. Il le restera jusqu'en 1995, et continuera bien au-delà de défendre les partitions de ses contemporains.
"Je l'ai fait d'abord par appétit, puis par volonté de +jouer utile+. C'était affreux pour moi d'imaginer de laisser passer de grands créateurs sans témoignages", confie le musicien.
A partir de 1993, il crée notamment cinq des "Etudes" de son ami hongrois naturalisé autrichien György Ligeti, l'un des plus grands compositeurs de la seconde moitié du XXe siècle, décédé en juin, qui a un jour confié que certaines de ses pages n'auraient jamais existé sans lui. "Il exagérait beaucoup...", dit aujourd'hui l'intéressé, qui ne tarit pas d'éloges sur cette "musique de l'extrême et du danger".
Enseignant très recherché, au Conservatoire de Paris (musique de chambre) ainsi qu'à la Haute école de musique de Cologne (piano), Pierre-Laurent Aimard, essaie à présent de "faire moins" dans le champ de la création "pour mieux servir les oeuvres".
Après avoir donné 12 fois l'intégrale pour piano de Pierre Boulez - "mon Everest en musique" - en 2005 pour les 80 ans du compositeur, le pianiste a cependant déjà programmé un hommage au Hongrois Gÿorgy Kurtag en 2007 et un autre à l'Américain Elliott Carter à l'occasion de son centenaire en 2008.
Et il n'a pas baissé les armes. "Je suis effondré par le manque de créativité des pianistes", souligne Pierre-Laurent Aimard, en "lutte contre la starification et le show-bizz à tout crin".
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| Publié le: 20/11/2006 à 10:04:24 GMT |
Source : AFP |
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