| Pétrole: l'Opep sur le point de maintenir ses quotas de production |
| VIENNE (AFP) - L'Opep s'apprêtait à reconduire ses quotas de production mercredi à Vienne, estimant que les inquiétudes nées des tensions géopolitiques au Nigeria et en Iran continueraient à soutenir les prix du pétrole dans les mois à venir. |
Le ministre qatariote de l'Energie, Abdallah Ben Hamad al-Attiyah, a indiqué qu'il existait un consensus pour maintenir les quotas à 28 millions de barils par jour (mbj) pour le huitième mois consécutif.
Le consensus consiste à "maintenir les choses telles qu'elles le sont jusqu'à la réunion de juin", a-t-il déclaré peu avant le début de la 140e réunion ordinaire de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dans la capitale autrichienne.
"Il semble que nous ayons un accord", a renchéri le ministre koweïtien de l'Energie, cheikh Ahmad Fahd al-Sabah. "La résolution aujourd'hui sera un maintien de la production", a-t-il assuré.
Le Venezuela, qui était le seul à réclamer une baisse de 500.000 barils par jour du plafond de production du cartel, paraît ainsi s'être rangé derrière les autres pays mercredi.
Les pays les plus influents du cartel --Arabie saoudite et Iran-- s'étaient prononcés dès lundi pour un maintien des quotas tandis que le comité de surveillance des marchés (MMSC) de l'Opep, organisme consultatif, avait lui aussi recommandé le statu quo mardi soir.
Le cartel, qui produit 40% du brut mondial, réduit habituellement sa production au printemps pour s'adapter à la moindre demande qui suit la fin de l'hiver dans l'hémisphère nord et eviter un trop important repli des cours du brut.
Mais cette année, en dépit d'un excédent de production que l'Opep chiffre entre 1 et 2 mbj actuellement, les prix ont peu de chances de dégringoler, car les problèmes s'accumulent dans les pays producteurs, qu'ils soient membres de l'Opep ou non, et la croissance de la demande mondiale reste vive, notamment en Chine, en Inde et aux Etats-Unis.
Le Nigeria est en proie à une rebellion qui a déjà amputé de 20% sa production, l'Irak, où l'on redoute de plus en plus une guerre civile, voit son offre stagner, et il n'est pas exclu que l'Iran réduise volontairement ses exportations si le dossier sur ses activités nucléaires était transféré aux Nations unies.
La réunion de l'Opep coïncide, pour la deuxième fois consécutive, avec celle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Les Etats-Unis estiment que l'Iran a assez de gaz d'uranium pour fabriquer après enrichissement dix bombes nucléaires.
Ils réclament de nouvelles inspections tandis que Téhéran refuse toujours de suspendre ces activités d'enrichissement d'uranium.
Le cours du baril de brut cote au-dessus de 60 dollars depuis le début de l'année en raison de ces inquiétudes géopolitiques, qui sont désormais "la principale cause des prix élevés" selon cheikh Ahmed.
Le ministre koweïtien estime que le prix tombera sous 60 dollars au deuxième trimestre avant de rebondir en fin d'année, quand la demande se remettra à accélerer.
"Le marché est assez satisfait et je ne pense pas que nous prenions un gros risque" à maintenir la production, a noté le ministre algérien de l'Energie, Chakib Khelil. Selon lui, les problèmes géopolitiques vont continuer à menacer de faire monter les prix.
L'Opep envisage de se réunir à nouveau en marge du forum international de l'énergie prévu les 22-24 avril à Doha. La prochaine réunion formelle est prévue le 1er juin à Caracas.
|
| Publié le: 08/03/2006 à 12:01:55 GMT |
Source : AFP |
|
|