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Pas d'accord entre l'Irak et les géants occidentaux du pétrole
Le ministre irakien du Pétrole Hussein al-Chahristani le 30 juin 2008 à Bagdad (© AFP - Ali al-Saadi)
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BAGDAD (AFP) - Le gouvernement irakien n'a pas trouvé d'accord avec les cinq géants mondiaux du pétrole sur des contrats d'assistance technique contrairement à ce qui avait été annoncé, a affirmé lundi le ministre irakien du Pétrole Hussein al-Chahristani.
"Nous n'avons pas trouvé d'accord avec eux", a déclaré M. Chahristani lors d'une conférence de presse.

"Nous voulions l'aide des experts sur la base de consultation et de soutien technique pour aider nos équipes. Ils ont refusé parce qu'ils voulaient des parts de notre pétrole. Mais nous ne partagerons pas notre pétrole", a ajouté le ministre.


Le quotidien américain New York Times avait annoncé à la mi-juin le grand retour des majors occidentales en Irak, cinq ans après une invasion américaine interprétée par beaucoup comme une guerre pour le pétrole.

Le 22 juin, le porte-parole du ministère du Pétrole Assim Jihad avait confirmé à l'AFP la teneur de l'accord et annoncé la signature le 30 juin d'un accord entre le gouvernement irakien et les compagnies Shell, BP, ExxonMobil, Chevron et Total, ainsi qu'un consortium regroupant Anadarko, Vitol et Dome des Emirats arabes unis.

Il s'agissait pour le gouvernement irakien de faire appel à ces multinationales pour des contrats d'assistance technique afin d'augmenter sa capacité de production de 500.000 barils/jour.

"Du personnel irakien s'occupera de l'exécution des travaux alors que les entreprises (occidentales, ndlr) apporteront leur expertise et leur logistique", avait précisé le porte-parole du ministère irakien.

Ces contrats devaient notamment permettre aux géants pétroliers de faire leur retour en Irak --un pays aux immenses réserves de brut-- 36 ans après en avoir été chassés par Saddam Hussein.

Ces majors étaient actionnaires de l'Iraq Petroleum Company, qui a eu le monopole sur les ressources irakiennes de 1925 à 1961. Le secteur pétrolier a été progressivement nationalisé entre 1961 et 1972.

Parallèlement, le ministère devait annoncer lundi l'attribution de contrats à court-terme à 41 compagnies pétrolières étrangères pour l'extraction du brut dans le nord et le sud du pays.

Finalement, l'attribution de ces contrats pour "six gisements pétroliers et deux gisements gaziers" a été de facto repoussée à juin 2009.

Les entreprises étrangères ont deux mois pour faire connaître leur intention avant une période de six mois pour affiner leur offre.

"Ce ne sont pas des contrats de partage de production, mais des contrats de services", a souligné le ministre du Pétrole.

"Nous n'avons pas besoin de partager notre pétrole avec qui que ce soit. Le pétrole appartient aux Irakiens", a-t-il martelé.

Selon M. Chahristani, "le ministère commencera en mai (2009, ndlr) à analyser les offres" et "la signature des contrats aura lieu en juin" 2009.

Les autorités irakiennes ambitionnent d'extraire 3 millions de barils de brut par jour (mbj) contre 2,5 mbj actuellement, soit le niveau de production juste avant l'invasion américaine de mars 2003.

Le but dans les cinq ans est d'atteindre une production de 4,5 mbj. Actuellement, 2,11 millions de barils sont exportés chaque jour.

L'Irak dispose des troisièmes réserves de brut au monde, avec 115 milliards de barils, mais manque cruellement de technologies et de capitaux.

Publié le: 30/06/2008 à 13:57:58 GMT Source : AFP
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