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Paraguay: le président fait le ménage dans l'armée, soupçonnée de putsch
ASUNCION (AFP) - Le président du Paraguay, Fernando Lugo, a limogé vendredi le plus haut responsable militaire de son pays, deux jours après avoir décapité les trois armées (Terre, Air, Marine) sur fond de rumeurs de "coup d'Etat".
Le président, un ancien évêque de gauche dont la gestion est contestée, va remplacer le chef d'état-major des armées, le contre-amiral Cibar Benitez, par un de ses hommes de confiance, l'ancien commandant de l'Armée de Terre Oscar Velazquez, selon un communiqué du gouvernement qui ne motive pas ce changement.

"Ces décisions sont prises pour donner des chances à d'autres", aurait dit M. Lugo à M. Benitez, selon le site internet du journal paraguayen ABC, qui cite des sources officielles.


Le président du Paraguay, pays pauvre et enclavé d'Amérique du Sud, voisin du Brésil, de l'Argentine et de la Bolivie, avait limogé jeudi le chef d'état-major de l'armée de Terre, celui de la Marine et celui de l'armée de l'Air qui se trouvaient sous le commandement de M. Benitez.

M. Lugo, élu en 2008 après des décennies de dictature militaire (1954-1989) et de règne des conservateurs, avait affirmé mardi qu'il existait "certains petits groupes de militaires qui peuvent être utilisés par la classe politique" d'opposition.

La droite lui reproche une mauvaise gestion administrative et un manque de réponse face à une vague d'enlèvements et de vols qui secouent le pays. Elle critique également l'entourage du président, trop proche d'Hugo Chavez, selon elle.

M. Chavez, le président antilibéral du Venezuela, avait accusé le 17 octobre une frange dure de l'opposition au Paraguay "de préparer un coup d'Etat" contre M. Lugo.

Les "extrémistes" voulaient prendre pour excuse, selon lui, un réarmement de la Bolivie, pays avec lequel le Paraguay a mené une guerre entre 1932 et 1935, parmi les plus meurtrières connues par l'Amérique latine au XXe siècle.

"Personne dans les forces armées n'a ces intentions", celles de perpétrer un coup d'Etat, avait dit le chef d'état-major des armées après la révocation des chefs des trois armées sous ses ordres.

M. Benitez devait partir à la retraite en décembre.

"C'est une humiliation, un manque de respect. On va dire que ce sont des conspirateurs. Ils ne méritent pas d'être traités comme l'a fait le président Lugo", avait déclaré pour sa part l'ex-commandant en chef des forces armées Bernardino Soto.

La décision de M. Lugo intervient alors que l'opposition a annoncé il y a moins d'une semaine détenir la majorité des deux tiers au Parlement par le jeu d'alliances nouvelles, ce qui rend possible une procédure de destitution du président.

L'opposition reproche au chef de l'Etat, qui a renoncé à l'habit religieux en 2007 pour se présenter à l'élection présidentielle, de ne pas avoir d'expérience.

Elle digère mal également la polémique suscitée par l'ancien évêque, qui a reconnu le 13 avril avoir eu un enfant pendant qu'il était encore membre de l'église, dans un pays qui se déclare à 90% catholique.

A cela s'ajoute deux demandes en paternité déposées par deux autres femmes, dont une a été acceptée ce jeudi par la justice paraguayenne.

Le Paraguay, un des pays les plus pauvres du Cône Sud avec plus de six millions d'habitants, a connu depuis le retour à la démocratie une tentative de coup d'Etat en 1996 et l'assassinat d'un vice-président en 1999.

Publié le: 06/11/2009 à 16:01:21 GMT Source : AFP
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