| Dans l'ouest du Kenya, un rêve devient réalité: la pauvreté recule |
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SAURI (AFP) - Gaudencia nettoie, pieds et mains nus, son champ en jachère avant d'y semer du maïs. Dans son village, Sauri, situé dans le sud-ouest du Kenya près du lac Victoria, la jachère était inconnue jusqu'en 2005 et les sols s'épuisaient. |
"On n'avait pas assez à manger. Maintenant si", se réjouit-elle en essuyant des perles de sueur sur son front.
Sauri est le premier "village du millénaire", un projet de développement soutenu par l'ONU, privilégiant l'agriculture, la santé et l'éducation et destiné à prouver que l'éradication de l'extrême pauvreté est possible.
Il y a deux ans, Gaudencia Aoko a reçu gratuitement des cours d'agriculture: elle a appris comment semer en ligne, et pas à la volée, pourquoi laisser la terre en jachère, comment utiliser les engrais.
Résultat: lors de la dernière récolte, cette mère de famille a réussi pour la première fois de sa vie à vendre un sac de maïs. Elle a gagné 1.200 shillings (17 dollars, 13 euros). C'est un début, mais toujours pas assez pour payer la scolarité de deux de ses enfants.
Les jeunes orphelins dont s'occupe son voisin, Edward Oyier, ne manquent quant à eux plus l'école. Edward possède une plus grande proprieté que Gaudencia et a gagné 10.000 shillings (145 dollars, 109 euros) en 2006 en vendant une partie de sa récolte.
Une somme rondelette à Sauri, où trois-quarts de la population vivent avec moins de 1 dollar par jour.
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"Avant, notre production agricole allait des mains à la bouche, maintenant, elle va aussi des mains à la banque", note avec malice Edward, la soixantaine.
Dans le cadre du projet du millénaire, il doit donner, comme les autres agriculteurs de Sauri, un peu de sa récolte aux écoles du village, où la fréquentation et les résultats se sont améliorés spectaculairement depuis la création d'une cantine gratuite.
"De 2005 à 2007, le nombre d'enfants scolarisés est passé de 500 à 750", raconte le directeur de l'école primaire Bar Sauri, Joseph Lanyo. "Avant, les enfants dormaient en cours parce qu'ils avaient le ventre vide. En 1999, l'école était au 198e rang dans le district. En 2006, elle était neuvième."
"Maintenant, on vise la première place", confie-t-il dans un éclat de rire, tandis que des dizaines d'enfants, en uniforme bleu et blanc parfois déchiré, font la queue dans la terre rouge pour des pois et du chou fumants.
Dans un recoin de la cour, deux vaches broutent: elles ont été achetées dans le cadre du projet du millénaire. Leur lait nourrit les plus petits de l'école.
Mais tout n'est pas rose à Sauri. A la maternelle, cent petits bouts de chou sont réunis dans une seule pièce. Une salle de classe prend l'eau. Une autre est désertée car elle n'a plus de toit.
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"J'aurais aimé que le projet du millénaire prévoit l'amélioration des bâtiments", notamment de l'école, regrette le chef traditionnel du village, Martin Onando, qui ne tarit pourtant pas d'éloges pour le programme.
"Le projet du millénaire s'occupe de tous, et pas seulement d'un groupe", comme les femmes, les enfants, les malades du sida, se réjouit-il.
"Tout le monde est capable de se nourrir, le nombre de vols a diminué de façon spectaculaire. Il peut se passer une semaine sans qu'un enfant ne manque l'école à cause du paludisme", énumère-t-il.
Dans le cadre du projet, des moustiquaires ont été distribuées aux quelque 5.000 habitants de Sauri, une clinique qui offre gratuitement soins et médicaments a ouvert.
Conséquences de ce succès: environ 1.300 personnes ont emménagé à Sauri ces deux dernières années, selon Patrick Mutuo, coordinateur du projet, et puis... les hommes célibataires du village ont un succès fou.
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| Publié le: 27/03/2007 à 11:42:22 GMT |
Source : AFP |
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