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OMC: les Africains "à bout de patience" dans la bataille du coton
Un travailleur ivoirien pendant la récolte de coton à Korhogo, le 30 novembre 2007 (© AFP/Archives - Issouf Sanogo)
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GENÈVE (AFP) - Les Africains sont "à bout de patience" face aux subventions américaines pour le coton, au cinquième jour d'une réunion cruciale à l'OMC, où les négociateurs n'ont toujours pas avancé sur cette question jugée vitale pour les pays producteurs d'Afrique.
"La question du coton n'a jusqu'à présent pas été abordée. Nous sommes à bout de patience", a déclaré jeudi soir le ministre du Commerce du Burkina Faso, Mamadou Sanou, coordinateur du "C-4", groupe qui rassemble les quatre principaux pays producteurs de coton d'Afrique de l'Ouest (Mali, Bénin, Burkina Faso et Tchad).

"Il n'y a jusqu'à présent que des déclarations d'intention, des déclarations de politique générale. On n'avance pas de chiffres et nous, nous voulons qu'enfin on parle de chiffres", a-t-il ajouté.

Le C-4 se bat depuis 2003 pour que les négociations du cycle de Doha, menées à l'Organisation mondiale du commerce, portent un intérêt particulier à la filière coton. Ils demandent que les Etats industrialisés, essentiellement les Etats-Unis, mais aussi l'Union européenne, baissent leurs subventions, qui plombent selon eux les cours mondiaux et pénalisent le secteur dans les pays pauvres.

Ils ont obtenu lors de précédentes discussions la promesse que la question du coton serait traitée de manière "ambitieuse, rapide et spécifique". Mais sans véritable avancée jusqu'ici.

Dans le cadre des négociations ouvertes lundi à Genève, ils réclament une baisse de 82,2% des subventions, une proposition reprise dans le texte qui sert de base à la discussion.

Mais les Etats-Unis, sous la pression de leurs producteurs de coton, "n'acceptent pas le texte" et "ne veulent pas discuter du coton tant qu'on ne sait pas ce qu'il y a exactement sur l'agriculture en général", résume Nicolas Imboden, de l'ONG Ideas Centre.

"Mais ce qui risque de se passer, c'est que les Américains proposent au dernier moment une solution aux Africains, à prendre ou à laisser", ajoute-t-il.

En attendant, la frustration de ces derniers augmente, alors qu'une réunion prévue sur ce sujet jeudi a été reportée.

"C'est un cycle de négociations du développement, et le coton est primordial pour aider les pays les moins avancés à réduire la pauvreté", a déclaré à l'AFP un diplomate africain.

Pour l'organisation humanitaire Oxfam, les Etats-Unis "doivent faire preuve de bonne foi et tenir leur promesse de traiter le coton comme une question prioritaire, vu les dommages causés pour les paysans en Afrique", estime-t-elle. "Le coton est devenu un symbole de l'injustice du système commercial mondial".

Dans les quatre principaux pays producteurs africains, le coton représente plus de 60% des recettes d'exportation agricoles et fait vivre quelque 20 milions de personnes en Afrique de l'ouest et centrale, souligne Ideas Centre.

Les Etats-Unis ont offert mardi de réduire leurs subventions agricoles de manière générale à moins de 15 milliards de dollars par an, améliorant légèrement une précédente offre à 17 milliards.


Mais, souligne Oxfam, "cela n'obligera pas les Etats-Unis à baisser d'un seul cent leurs subventions au coton qui créent des distorsions commerciales".

Avec cette proposition, "le coton ne gagne rien", renchérit un diplomate africain.

Cherchant à aborder le problème par un autre biais, la négociatrice américaine Susan Schwab a appelé mardi la Chine à abaisser ses droits de douane sur le textile en échange d'une baisse des subventions.

Mais là encore, "c'est un façon de gagner du temps en renvoyant la balle ailleurs", observe ce diplomate africain.

Publié le: 25/07/2008 à 12:48:06 GMT Source : AFP
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