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Les nuits à risque des travestis ivoiriens
ABIDJAN (AFP) - Une démarche aguicheuse dans un pantalon de cuir moulant, un petit haut doré qui scintille sous la lumière blafarde d'un réverbère de la zone 4 à Abidjan. Yasmine attaque sa nuit de travail, comme des centaines de prostituées, à cette exception près que Yasmine est un homme.
A l'instar de ses copines Michou ou Sissi, avec qui elle partage un bout de trottoir dans ce quartier tout à la fois zone commerciale et haut lieu de la nuit abidjanaise, le jeune travesti vit la nuit. Le jour, Yasmine se repose et surtout se terre chez elle, à l'abri des quolibets.

"La nuit, je suis en travelo, la journée en homme. Mais c'est habillé en femme que je me sens le plus à l'aise", explique le travesti de 23 ans qui se prostitue depuis six ans, avant d'ajuster sa perruque façon Naomi Campbell.


"C'est très mal vu ici. On t'insulte à longueur de temps. Souvent, je me demande pourquoi je suis devenu comme ça", poursuit le jeune homme.

Les insultes, les brimades, Yasmine, Flora, Monica les racontent de leurs voix haut perchées avec la monotonie de la banalité.

Mais leurs récits sont aussi peuplés de violences physiques. Les coups de leurs proches parfois, ceux des forces de l'ordre souvent.

"Il arrive que les +corps habillés+ (forces de l'ordre) viennent nous voir et nous obligent à nous déshabiller dans la rue", explique Yasmine.

"Les corps habillés s'en prennent très souvent à nous", renchérit Michou, sept années de trottoir. "Ils nous maltraitent, il nous prennent notre argent dans notre sac à main. Parfois, ils nous demandent des faveurs. Et puis, on peut nous mettre au violon pour quatre ou cinq jours", décrit, résigné, celui qui arbore un ruban de taffetas noir en guise de collier.

Répudiés par leurs familles, jetés à la rue, la prostitution est bien souvent leur seul moyen de survie.

"Quand la famille sait ce que tu es, elle te rejette. Tu n'as pas d'autre solution que de réussir", explique Michou avant de nuancer: "tu es rejeté, mais quand tu ramènes de l'argent à la maison, là, il n'y a plus de problème".

Il est 23H00, encore un peu tôt pour les clients. Une voiture s'engouffre dans la rue et passe à la hauteur du travesti. Des vitres baissées s'échappent une musique de boîte de nuit, des rires francs. Et des insultes.

"Faut pas faire attention. C'est des Libanais. Parfois ils s'amusent à nous lancer des bouteilles", raconte Yasmine, blasée.

Leur clients sont Ivoiriens, européens, Libanais. Les passes se font dans les hôtels du coin. "Mais c'est pas toujours possible. Certains hôtels nous refusent. Alors, on fait ça dans des couloirs discrets ou sur les rails, à l'air libre", raconte Michou.

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Les travestis de la zone 4 ont été il y a peu approchés par une association pour les sensibiliser à l'usage du préservatif, dans un pays déjà durement touché par l'épidémie de VIH-sida, avec officiellement 570.000 séropositifs et un taux de prévalence de 7% selon l'Onusida en 2003.

"On est conscients du risque. Mais les clients demandent très régulièrement des relations sans capote. Ils doublent la mise (de la passe) et pour certains d'entre nous, ça ne se refuse pas," explique Michou.

"Fatigués", les travestis de la zone 4 soutiennent le projet associatif de deux jeunes homosexuels ivoiriens, Fabrice et Issouf, qui tentent de monter une structure baptisée "Association ivoirienne des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels" (AIL) afin de réclamer un peu plus de considération et d'obtenir que les commissariats enregistrent leurs plaintes.

Dans un courrier adressé courant mars aux deux membres fondateurs, le ministère de l'Intérieur a rejeté leur demande d'enregistrement, au motif que "ce genre de sexualité est contraire aux bonnes moeurs".

Publié le: 29/04/2006 à 09:09:27 GMT Source : AFP
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