| UE/Nucléaire - Le prêt pour l'EPR finlandais examiné à la loupe |
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BRUXELLES (REUTERS) - La Commission européenne a ouvert mardi une enquête approfondie sur la garantie accordée par la France à un prêt bancaire de 570 millions d'euros pour la construction d'une centrale nucléaire en Finlande. |
La compagnie finlandaise d'électricité Teollisuuden Voima Oy TVO a obtenu ce prêt garanti par la Coface pour l'achat d'un EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, par le groupe français Areva , qui mise gros sur cette technique.
""Ce cas soulève des questions techniques et juridiques complexes"", a déclaré dans un communiqué la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, en se montrant prudente, signe de l'intense débat que cette décision a provoqué à la Commission.
La centrale d'Olkiluoto, dont le coût est estimé à trois milliards d'euros, est le premier EPR en construction au monde.
Areva, en association avec le conglomérat allemand Siemens est le concepteur de l'EPR (European Pressurised Water Reactor), moins cher à construire qu'une centrale classique et dont la durée de vie est de 60 ans contre 40 ans.
Pour une partie des commissaires, la Commission européenne n'avait pas à intervenir dans la mesure où la garantie de la Coface est conforme aux règles de l'Organisation de coopération et de developpement économique (OCDE) en la matière.
Les firmes qui avaient déposé des offres - une américaine et une russe - étaient en outre basées dans des pays tiers et il n'y a donc pas de problème intra-européen de concurrence.
Mais, selon des sources de la Commission, les ""ayatollahs"" de la concurrence ont estimé que cette enquête était nécessaire pour vérifier que les règles européennes sont respectées, les écologistes finlandais opposés à l'EPR ayant déposé plainte.
Neelie Kroes a été suivie dans sa volonté ""d'obtenir des clarifications"" pour vérifer que l'opération se fait, en termes de taux d'intérêt, aux conditions normales du marché.
Les partisans du prêt sont néanmoins confiants, même s'ils estiment que cela ajoute une difficulté inutile pour un projet qui, en raison de sa complexité, a pris un an de retard -- la centrale ne devrait être livrée qu'en 2010, au lieu de 2009.
""Tout devrait bien se terminer pour Areva"", a expliqué une source proche du dossier à la Commission.
Lauri Piekkari, le vice-président de TVO pour les questions financières, a affirmé que son entreprise était prête à ""aider la Commission de toutes les manières possibles"" afin de démontrer qu'il n'y a ""aucun élément de subvention"" dans cette affaire.
Mais pour Federic Marillier, un porte-parole parisien de Greenpeace, qui est à l'origine de la plainte en octobre 2004, la Coface agit en général pour garantir des prêts en faveur de pays du Tiers Monde, pas pour les Etats membres de l'UE.
Il s'agit, a-t-il estimé d'une ""sorte de subvention indirecte de la part du gouvernement français"".
Par une curieuse coïncidence, la Commission a accordé mardi son feu vert à la construction par la France de son propre EPR à l'horizon 2012 à Flamanville (Manche), commande d'EDF .
Même s'il s'agit d'une pure formalité, il est piquant de constater que l'exécutif européen fait l'éloge de l'EPR qui permettra ""d'atteindre le plus haut niveau possible de sûreté nucléaire, de protection environnementale et de performance économique"" puisque, par rapport aux types de réacteurs en fonctionnement, ""l'EPR utilise 17% de combustibles en moins"".
Mardi étant décidément un jour radioactif, la Commission a également recommandé le même jour la création de fonds spéciaux pour le déclassement des installations nucléaires afin de pouvoir les utiliser le jour où ils seront nécessaires.
La Commission propose la mise sur pied d'organismes nationaux compétents entièrement indépendants dans leurs décisions vis-à-vis des contributeurs au fonds.
A l'horizon 2025, un tiers environ des 148 réacteurs nucléaires actuellement en exploitation dans l'Union européenne élargie devront être déclassés. |
| Publié le: 24/10/2006 à 17:18:01 GMT |
Source : Reuters |
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