Niger: manifestation pour la libération de l'ex-Premier ministre
NIAMEY (AFP) - Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Niamey pour exiger la libération de l'ex-Premier ministre Hama Amadou détenu depuis près de quatre mois, a constaté un journaliste de l'AFP.
Aux cris de "libérez Hama !", "Non aux élections de 2009 sans Hama !", les manifestants, dont une bonne partie arboraient des pagnes et tee-shirts à l'effigie du détenu, ont défilé pacifiquement dans les rues avant de tenir un meeting sur la Place de la concertation située devant le Parlement.
Certains manifestants brandissaient des portraits géants du prisonnier ainsi que des pancartes où on pouvait lire "A bas les comploteurs" ou qui réclamaient "une justice libre et indépendante" pour M. Amadou.
Plusieurs députés du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir), dont M. Amadou est paradoxalement le président, ont pris part à la manifestation.
Dans un message adressé aux manifestants et lu par le député MNSD Soumana Sanda, M. Amadou a assure n'avoir "rien perdu de sa détermination d'être libéré et de conduire le parti à la victoire finale en 2009 (ndlr: aux élections présidentielles)".
M. Sanda, un des instigateurs de la manifestation, a déploré "les moments difficiles" que vit le MNSD en "raison de la volonté du régime (du président Mamadou Tandja) d'asseoir un pouvoir absolu".
"La justice, la police, les médias d'Etat sont abusivement utilisés pour régler des problèmes internes au parti", a-t-il affirmé.
Les forces de l'ordre ont été déployées dans la ville pour prévenir d'éventuels débordements, mais la manifestation s'est dispersée dans le calme en début d'après-midi.
Longtemps présenté comme le probable successeur de M. Tandja, Hama Amadou est écroué depuis le 26 juin à la prison de haute sécurité de Koutoukalé (ouest de Niamey) pour détournement présumé de fonds publics.
Nommé chef du gouvernement en janvier 2000 et renversé en mai 2007 par une motion de censure surprise, Hama Amadou avait dénoncé une "machination" du président Tandja pour l'écarter de la présidentielle de 2009, à laquelle le chef de l'Etat ne peut constitutionnellement se présenter.
Fin août, la commission d'instruction chargée du dossier a rejeté deux demandes de liberté provisoire pour M. Amadou.