| Niger: l'armée nigérienne s'exprime, évoque un "soutien extérieur" au MNJ |
|
NIAMEY (AFP) - Pour la première fois depuis la résurgence de la rébellion touareg au nord du Niger en février dernier, l'armée s'est exprimée mardi soir et évoqué un "soutien extérieur" au Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ). |
Dans un communiqué lu à la télévision publique par le lieutenant-colonel Goukoye Abdoulakarim, l'armée a "demandé aux courants d'opinions de garder leur sang froid et les invite à porter une analyse plus lucide sur ce qu'il est convenu d'appeler une +atteinte à la sécurité intérieure+ avec des ramifications (extérieures)".
"Les forces armées se réservent le droit d'apporter les preuves (de ces ramifications) le moment venu", indique le communiqué lu par le porte-parole des forces armées.
Interrogé le 26 juin par l'AFP, le chef du MNJ Agaly Alambo avait démenti "tout soutien étranger", mais n'avait en revanche pas caché les "très bons contacts" qu'il entretient avec les Touareg du Mali voisin.
C'est la première intervention publique de l'armée depuis le début des attaques du MNJ contre des cibles militaires dans le nord du pays.
"Depuis mars, la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer dans le nord du pays, les populations souffrent, les sociétés minières et les forces de défense et de sécurité sont victimes d'attaques à main armées, d'explosion de mines, d'actes d'enlèvement et de pillages perpétrés par le MNJ", résume le communiqué.
"Face à cette situation, les forces armées réaffirment plus que jamais leur ferme volonté d'accomplir leur mission de défense de l'intégrité du territoire et de protection des personnes et des biens", poursuit le texte.
L'armée "appelle tous les Nigériens à soutenir moralement les forces engagées sur le terrain", et "invite" le MNJ à "traiter les prisonniers en leur possession dans le strict respect des conventions internationales", a encore déclaré le porte-parole.
Le 22 juin, le MNJ avait annoncé avoir tué 15 militaires et capturé 72 autres dans l'attaque d'un poste avancé de l'armée à Tazarzatt, dans la région de l'Aïr.
Le gouvernement avait fourni un bilan de 13 soldats tués, 47 prisonniers dont 30 blessés.
Les 30 soldats blessés ont été libérés le 28 juin par le biais du Comité international de la croix rouge (CICR). Une quarantaine d'autres soldats sont cependant toujours gardés par les rebelles, ainsi qu'un civil chinois, employé d'une société de prospection d'uranium enlevé vendredi dernier.
Le MNJ conditionne un retour à la paix à une meilleure intégration des Touareg dans l'armée, les corps paramilitaires et le secteur minier local.
Mais, le président Tandja, un ancien colonel, nie toujours l'existence d'une rébellion touareg et attribue l'insécurité ambiante à des "bandits".
|
| Publié le: 11/07/2007 à 12:44:26 GMT |
Source : AFP |
|
|