| Un Moustic grolandais se pose sur les planches |
| PARIS (AFP) - Porte-parole de la délirante et irrévérencieuse "présipauté" de Groland sur Canal+, Jules-Edouard Moustic diversifie ses activités en jouant à partir de mercredi soir un one man show au Théâtre du Rond-Point à Paris. |
Le spectacle, à l'affiche jusqu'au 31 décembre, est mis en scène par Ahmed Hamidi, l'un des auteurs des "Guignols". Moustic, alias Christian Borde, y parlera de "la vie de la Cité" ou de religion, et surtout brocardera le "jeunisme".
"Maintenant que je suis vieux, il y a des choses que je ne comprends pas", confie à l'AFP cet homme au visage jovial, qui soigne ses 57 ans et sa "trouille" devant l'aventure scénique par un humour potache.
"Moustic en gros" devrait rester à bonne distance des codes traditionnels du théâtre. "Ma culture théâtrale, c'était +Au théâtre ce soir+: ça te donne pas envie d'y aller", analyse l'humoriste.
Le décor sera "évolutif, avec que des merdes: des planches, un vieux radiateur qu'on ramène de notre cave, une poubelle", détaille Moustic.
La bande son ira d'une musique maçonnique de Mozart à "Fight the power" du groupe de rap Public Enemy. Quant à la durée de la prestation, elle ne devrait pas excéder 1h10. "On essaie de faire un spectacle pour fumeurs", se justifie l'auteur-acteur.
Le projet a pris racine en 2006, quand le directeur du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, a proposé à Moustic de donner une "conférence", en novembre 2007, dans le cadre de sa programmation "Rire de résistance". "J'ai dit oui sans réfléchir, puis j'ai essayé d'attraper la queue du i, mais c'était trop tard", raconte Moustic.
Cette proposition éphémère convainc Ribes, qui décide de la retenter un an plus tard, pour un mois et un vrai spectacle cette fois. Moustic n'y fera relâche que deux jours par semaine, le lundi comme le veut l'usage, mais aussi le jeudi pour les besoins du tournage de "Groland Magzine", l'un des programmes phares de Canal+, diffusé en clair tous les samedis à 20h25.
Ce jour-là, il rejoindra les studios grolandais à La Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), surnommés par lui-même "Cacacittà" car "toutes les merdes de la télé sont tournées là-bas".
Moustic, qui s'y connaît en principauté -- il a travaillé à Radio Andorre puis à RMC, résidant durant douze ans à Monaco --, présente depuis 16 ans les actualités de Groland, pays imaginaire offrant un prisme idéal pour parler des petites et grandes misères du voisin français et des "restes du monde".
Un esprit à la fois punk et dada souffle sur de nombreux sketches, comme "Caca dans le tajine", qui sous le premier degré scatologique se moque de l'impact d'internet, de l'intégrisme religieux et de la dérive reality-show d'une certaine télévision.
Chaque membre de l'équipe grolandaise développe aussi son propre univers artistique. Christophe Salengro, le "président" de Groland, prête son physique dégingandé au chorégraphe Philippe Decouflé, Benoît Delépine et Gustave Kervern s'illustrent au cinéma ("Louise Michel", en salles le 24 décembre), Francis Kuntz dessine des BD sous la signature de Kafka.
Moustic, lui, programme à partir de son Pays basque d'adoption une radio 100% musicale aux couleurs très "black music", "I have a dream", écoutable en streaming sur le site canalplus.fr.
Les Renseignements généraux s'y sont intéressé, craignant des liens avec le nationalisme basque. Moustic en rit encore. "Si tu mets pas de pub sur ta radio, les gens te prennent pour un dangereux terroriste", dit-il.
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| Publié le: 02/12/2008 à 15:03:18 GMT |
Source : AFP |
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