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Mort du journaliste de légende Walter Cronkite, l'homme en qui l'Amérique avait confiance
WASHINGTON (AFP) - Le pionnier américain de la télévision Walter Cronkite, surnommé "l'homme qui inspire le plus confiance à l'Amérique", est décédé vendredi à l'âge de 92 ans, a rapporté la chaîne CBS, où il avait passé l'essentiel de sa carrière.
Les raisons de sa mort n'ont pas été précisées mais selon le Washington Post, qui cite des proches, Walter Cronkite souffrait d'une maladie vasculaire-cérébrale depuis des années.

Présentateur du journal du soir sur CBS de 1962 à 1981, il avait été associé aux plus grandes pages d'Histoire de la deuxième moitié du XXe siècle aux Etats-Unis, de la guerre du Vietnam, à l'assassinat du président Kennedy, aux premiers pas sur la Lune ou encore au scandale du Watergate.


A la fin des années 1960, il avait joué un rôle crucial en tournant l'opinion publique américaine contre la guerre du Vietnam.

En 1972, un sondage d'opinion l'avait sacré "l'homme qui inspire le plus confiance à l'Amérique", davantage que tout homme politique, dirigeant religieux ou héros sportif.

"C'est impossible d'imaginer CBS News, le journalisme et en fait l'Amérique sans Walter Cronkite", a déclaré le président de CBS News et Sports Sean McManus, à l'annonce de la mort de Walter Cronkite.

"Plus que simplement le meilleur présentateur de l'Histoire et celui qui inspirait le plus confiance, il avait guidé l'Amérique à travers nos crises, tragédies et aussi nos réussites et nos grands moments", a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Brian Williams, actuel présentateur du JT de la chaîne rivale NBC News, a déclaré sur MSNBC que "Cronkite s'adressait à la Nation quand d'autres présentaient les informations".

Pour le président américain Barack Obama, les Etats-Unis ont "perdu une icône". "Pendant des décennies, Walter Cronkite a été la voix qui inpirait le plus confiance en Amérique", a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par la Maison Blanche.

"J'étais plutôt bien placé pour voir passer le défilé", reconnaissait l'ancien présentateur du journal du soir de CBS dans une rétrospective de sa carrière, en 1997. "J'ai eu la chance de naître au bon moment pour voir une bonne part de ce siècle étonnant".

Au Vietnam, après avoir couvert les suites de l'offensive du Têt en 1968, le journaliste, de retour dans son studio new-yorkais, jugeait "plus certain que jamais que l'aventure sanglante du Vietnam finirait par s'enliser".

Le président Lyndon Johnson aurait alors dit à un proche: "C'est fini. Si je perds Cronkite, je perds l'Amérique profonde". Peu après, le président annonçait qu'il renonçait à être candidat à sa succession.

L'histoire d'amour entre Cronkite et les Américains, confirmée par une cote de confiance plus élevée que pour aucun dirigeant politique ou religieux de l'époque, s'était nouée lors de l'assassinat du président John F. Kennedy en 1963.

En bras de chemise, le journaliste prenait l'antenne pour annoncer que JFK venait d'être victime d'un attentat. Une heure plus tard, retenant ses larmes, il retirait ses grosses lunettes pour annoncer au pays la mort de son président.

Walter Cronkite, né dans le Missouri (centre) en 1916, avait pris le "JT" de CBS un an plus tôt, en 1962, et avait su donner sa touche personnelle à l'émission qu'il concluait d'un rituel "And that's the way it is" ("et c'est ainsi que vont les choses...")

Cette "signature" représentait en fait "le plus haut idéal du journaliste", expliquait-il longtemps plus tard: "rapporter les faits tels qu'il les voit, qu'elles qu'en soient les conséquences ou les controverses qui pourraient s'ensuivre".

Walter Cronkite a fait ses débuts dans le journalisme dans les années 1930 pour les agences Scripps-Howard et United Press. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il accompagne l'armée américaine lors du débarquement en Normandie et survole l'Allemagne lors de bombardements aériens. Il couvrira ensuite les procès des dignitaires nazis à Nuremberg.

Entre 1946 to 1948, on le retrouve chef du bureau de United Press à Moscou, avant qu'il ne finisse par céder aux sirènes de la télévision en 1950.

Jusqu'à sa retraite, en 1981, Walter Cronkite saura conjuguer à l'écran gravité et humour tout en laissant parler son coeur, comme ce jour de juillet 1969 où sa joie éclate au moment où les premiers astronautes américains se posent sur la Lune.

Ses commentaires mordants lui vaudront le sobriquet de "gauchiste". Même après avoir quitté l'avant-scène, il n'a pas ménagé ces dernières années l'intervention en Irak, qu'il comparait à un nouveau Vietnam, et a appelé son pays à relever le défi du changement climatique.

S'adressant en 2007 aux étudiants en journalisme de l'Université de Columbia à New York, il les appelait à chercher les vérités que politiques et groupes de pression préféreraient occulter.

"Pour moi, il représente le meilleur de la liberté de la presse", a dit de lui l'ancien président Bill Clinton.

Publié le: 18/07/2009 à 08:55:41 GMT Source : AFP
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