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Mise au point d'une analyse plus fine de l'ADN, aubaine pour les enquêtes
Test d'un prélèvement ADN (© AFP/archives - Pierre-Philippe Marcou)
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BORDEAUX (AFP) - Un laboratoire de médecine légale a présenté lundi à Bordeaux les résultats d'une méthode inédite permettant d'identifier un profil ADN à partir d'une seule cellule, une avancée scientifique sur laquelle comptent magistrats et policiers pour élucider les crimes.
Au terme de quatre ans de recherche, le laboratoire privé du Pr Christian Doutremepuich, spécialisé dans les empreintes génétiques, a mis au point une technique de microdissection laser pour déceler le profil ADN d'un individu à l'échelle cellulaire, contre 30 à 100 cellules en méthode classique d'analyse.

Le recours à cette technologie depuis un an sur des scellés comportant potentiellement peu de cellules, comme des liens ou des munitions, a permis d'obtenir "30% de résultats supplémentaires" sur des scellés n'engendrant aucun résultat en méthode classique, a souligné le Pr Doutremepuich lors d'un colloque réunissant magistrats, policiers et gendarmes.


"Nous avons récemment reçu une aiguille de couturière dans le cadre d'une affaire de viol. Nous avons trouvé sur le chas trois cellules qui nous ont permis d'identifier un profil", a-t-il illustré.

Alors que la méthode classique utilise un simple procédé chimique applicable à partir de 30 cellules, la nouvelle technique consiste à centrifuger une faible quantité de cellules pour obtenir "un culot cellulaire".

Le culot est ensuite déposé sur une lame pour réaliser un frottis sur lequel est placé un colorant. Ce procédé, unique en la matière, selon le laboratoire, révélera les cellules visibles à l'aide d'un microscope laser.

Avantage de taille pour les enquêteurs: en prélevant très peu de cellules, le risque de mélanger les ADN de différents individus s'amenuise.

Depuis les années 90, les analyses génétiques sont de plus en plus utilisées pour identifier les auteurs d'affaires criminelles. Lorsqu'un profil est décelé, il est envoyé pour comparaison au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

"Ce que montrent les séries télé aide les malfrats à agir différemment. Nous devons donc avoir des analyses de plus en plus performantes face à des personnes qui portent gants et cagoules pour laisser le moins d'empreintes", souligne Ingwild Roca, responsable du département de recherche du laboratoire.

La microdissection laser a déjà fait rouvrir certaines affaires. Grâce à des liens retrouvés après un homicide vieux de cinq ans, le laboratoire a ainsi pu identifier huit cellules qui ont désigné un profil génétique.

Mais cette technique nécessite encore davantage de vigilance car en travaillant sur peu de cellules, il existe un risque de contamination de l'analyse par des cellules extérieures à la scène de crime.

"S'il y a une dizaine de cellules contaminantes sur un prélèvement, on va forcément les voir avec notre nouvelle méthode", reconnaît Ingwild Roca.

Policiers et gendarmes devront donc réaliser des prélèvements de plus en plus rigoureux sur les scènes de crimes.

Pour Sylvie Moisson, procureur général à Agen, "ces avancées formidables ne doivent pas nous enlever toute prudence sur l'exploitation judiciaire. Dans une enquête, l'ADN n'est toujours pas la reine des preuves", estime-t-elle.

Albert Doutre, directeur départemental de la sécurité publique en Gironde, pense que "le crime parfait sera de plus en plus compliqué" et que "la police va progresser grâce à la science".

Publié le: 18/03/2009 à 08:45:39 GMT Source : AFP
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