| Meurtre d'un avocat et d'une journaliste en Russie: deux suspects en détention |
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MOSCOU (AFP) - Deux suspects ont été placés en détention jeudi suite au retentissant assassinat en janvier d'un avocat et d'une journaliste, une annonce accueillie avec prudence par les proches des victimes, alors que les criminels sont rarement inquiétés dans ce genre d'affaires en Russie. |
Les inculpés sont une femme, Evguenia Khassis, gérante de société née en 1980, et un homme, Nikita Tikhonov, sans profession, né en 1985, a indiqué le comité d'enquête du parquet dans un communiqué.
Le chef du FSB, Alexandre Bortnikov, a informé lors d'une rencontre jeudi le président Dmitri Medvedev des progrès de l'enquête: les enquêteurs ont obtenu "des aveux de la part de la personne qui a commis le meurtre", a-t-il dit selon des propos rapportés sur le site du Kremlin.
Les deux inculpés "ont été interpellés les 3 et 4 novembre lors d'une opération organisée conjointement par le comité d'enquête et des agents du FSB (services spéciaux) et du ministère de l'Intérieur", a précisé le parquet. Ils ont été formellement écroués dans l'après-midi.
L'avocat Stanislav Markelov, 34 ans, et la journaliste Anastassia Babourova, 25 ans, qui travaillait pour le tri-hebdomadaire Novaïa Gazeta, avaient été tués par balles le 19 janvier, en plein jour au centre de la capitale russe.
Ce meurtre avait suscité une vive émotion au sein de la société civile russe et dans les pays occidentaux, où l'on s'inquiète ouvertement de l'impunité dont bénéficient tant les tueurs que les commanditaires dans ce genre d'affaires en Russie.
L'intervention des forces de l'ordre a en outre permis d'empêcher que soit commis un autre assassinat "qui aurait pu être retentissant", d'élucider un autre meurtre commis en septembre pour des motifs de "haine raciale", et de saisir une "grande quantité d'armes à feu", a dit le chef du FSB.
Les interpellés étaient membres d'un "groupuscule nationaliste radical", a-t-il ajouté sans plus de précision.
Selon une source policière citée par le quotidien Kommersant, ils seraient d'anciens membres du mouvement nationaliste Unité nationale russe (RNE), une organisation interdite. Ils auraient cherché à se venger de l'avocat, qui était très actif dans la défense des victimes d'actes de racisme, ainsi que dans des dossiers sensibles liés à la Tchétchénie.
M. Markelov avait d'ailleurs été abattu juste après avoir dénoncé en conférence de presse la libération anticipée de l'ex-colonel russe Iouri Boudanov, condamné pour avoir étranglé une Tchétchène de 18 ans.
La journaliste avait été blessée en tentant d'arrêter le tireur, et avait succombé à l'hôpital.
Mais le chef du mouvement RNE, Alexandre Barkachov, a affirmé à Interfax que les deux suspects "n'avaient jamais appartenu au RNE", et dénoncé une "provocation" de la part de la police.
A Novaïa Gazeta, journal devenu ces dernières années le symbole de la lutte pour la défense des droits civils en Russie, suite notamment à l'assassinat -non élucidé- de sa journaliste vedette Anna Politkovskaïa, la nouvelle des arrestations a été accueillie avec prudence.
"Cela ressemble à la vérité", a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef adjoint, Sergueï Sokolov. Quant au jeune âge des suspects, il est chose courante "dans les organisations radicales", a-t-il souligné.
Alison Gill, directrice de l'ONG Human Rights Watch en Russie, a de son côté souligné que les autorités devaient non seulement rechercher les tueurs, "mais aussi les commanditaires".
"Les performances passées dans ce genre de cas n'ont pas été bonnes, donc nous ne sommes que prudemment optimistes", a-t-elle dit.
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| Publié le: 05/11/2009 à 17:16:02 GMT |
Source : AFP |
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