| Mauritanie: la communauté internationale privilégie le débat aux sanctions |
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ADDIS ABEBA (AFP) - La communauté internationale réunie vendredi autour de l'Union Africaine (UA) à Addis Abeba, a décidé de donner une nouvelle chance à la négociation en Mauritanie en envoyant une "mission de haut niveau sur place" avant de lancer éventuellement un processus de sanctions. |
"La réunion a confirmé l'attachement de la communauté internationale au retour à l'ordre constitutionnel et son unité sur cette prise de position", a déclaré le Commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra.
Une prochaine réunion de ce groupe doit se tenir le 12 décembre à Bruxelles, précédée de l'envoi "d'une mission de haut niveau à Nouakchott conduite par l'UA, avec les représentants des cinq autres organisations", à savoir l'ONU, l'Union européenne (UE), l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et la Ligue arabe, a-t-il ajouté.
"Les participants ont aussi souligné que des mesures le moment venu (...) seraient proposés (...) aussi bien à l'UA (...) qu'à l'ONU, pour laquelle la saisine du Conseil de sécurité a été évoquée", a-t-il indiqué sans prononcer le mot de sanctions.
Cette réunion faisait suite à celle de l'UE jeudi, qui avait brandi une nouvelle fois la menace de "mesures appropriées" contre la junte mauritanienne, à laquelle elle avait donné jusqu'au 20 novembre pour rétablir l'"ordre constitutionnel" après le coup d'Etat du 6 août.
Nouakchott rejette ces pressions et demande la "poursuite des discussions".
Selon M. Lamamra, "il n'y a pas de précipitation vers la rupture du dialogue. Il n'y a pas à analyser la situation en terme d'avancée ou de recul, mais une manifestation simplement de bonne volonté de la communauté internationale".
"Le mandat de cette mission est de s'entretenir avec le président (déposé) Sidi Ould Cheikh Abdallahi, ainsi qu'avec le général chef de la junte, pour les engager à envisager une sortie de crise", a poursuivit M. Lamamra.
La rencontre s'était ouverte en début d'après-midi au siège de l'UA à Addis Abeba, en présence du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, au titre de la présidence française de l'UE.
M. Kouchner a évoqué des sanctions individuelles, comme des interdictions de voyage. "Comment pourrions nous viser le peuple mauritanien déjà si pauvre?", a-t-il relevé.
"Un petit progrès a été fait (à Nouakchott): permettre au président élu de se retrouver dans son village, de recevoir des visites. On va voir comment pourrait s'établir une entente nationale suffisante pour qu'une solution soit trouvée qui pourrait soit passer par des élections, soit par le statu quo ante et le retour du président chez lui, exerçant légitimement ses droits", a-t-il expliqué.
On ne "peut pas accepter que des coups d'Etat déstabilisent l'Afrique. L'UE et l'UA sont là-dessus en plein accord. Il faut maintenant qu'une solution pacifique soit apportée", a encore expliqué le chef de la diplomatie française.
La communauté internationale exige de la junte un retour à l'ordre constitutionnel et la libération totale du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi élu en 2007.
"Nous faisons état de l'impasse, de l'obligation de la commission de préparer des mesures appropriées notamment individuelles qui seront proposées aux instances pour décision", a expliqué de son côté Koen Vervaeke, ambassadeur de l'UE auprès de l'UA, soulignant rester ouvert "à toute proposition" de Nouakchott".
Signe du refus de la junte de transiger, l'ex-Premier ministre mauritanien Yahya Ould Ahmed Waghf, également renversé par le coup d'Etat du 6 août, a été inculpé et écroué jeudi soir avec quatre autres prévenus, accusé notamment d'avoir manigancé la faillite" d'Air Mauritanie, selon une source judiciaire.
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| Publié le: 21/11/2008 à 18:11:32 GMT |
Source : AFP |
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