| Maroc: inculpation et liberté provisoire pour le patron des journaux saisis |
| CASABLANCA (AFP) - Le directeur des magazines marocains TelQuel et Nichane saisis ce week-end a été inculpé lundi de "manquement au respect dû à la personne du roi" mais comparaîtra en liberté à son procès qui s'ouvrira le 24 août, a déclaré son avocat à l'AFP. |
Ahmed Benchemsi, interrogé samedi et dimanche durant vingt heures par la police, a été inculpé par le parquet du tribunal de première instance de Casablanca de "manquement au respect dû à la personne du roi", a indiqué Me Youssef Chehbi.
Avant d'être présenté à un procureur de Casablanca, Ahmed Benchemsi avait reproché aux autorités d'avoir lancé "une offensive généralisée" contre la presse.
Par ailleurs, Ali Ammar, directeur du "Journal Hebdomadaire" a accusé le pouvoir de "terroriser la chaîne de production de la presse indépendante" après le retard de plusieurs heures de l'édition lundi de son magazine car l'imprimeur affirmait vouloir obtenir l'aval du ministère de la Communication.
Cependant, la directrice générale de ce ministère a "catégoriquement démenti avoir demandé ou reçu un tel exemplaire pour avis". "C'est absolument faux", a affirmé à l'AFP Fatiha Layadi.
"Même s'il s'agit de cas différents, nous assistons à une offensive généralisée contre la presse menée par les autorités qui font preuve d'une fébrilité extrême", a souligné M. Benchemsi, laissé en liberté provisoire jusqu'à son procès prévu le 24 août.
L'éditorial de M. Benchemsi, écrit en darija (dialecte arabe marocain) sur le mode de l'interpellation, critiquait les propos du roi Mohammed VI lors de son discours du trône prononcé le 30 juillet, concernant les élections législatives du 7 septembre.
En revanche, aucune poursuite n'a été engagée contre Nichane pour son dossier intitulé "Le sexe dans la culture islamique", illustré de tableaux de peinture et accompagné de citations d'anciens poètes et auteurs arabo-musulmans sur la sexualité.
"C'est vraiment le retour aux années 70 où toutes les publications marocaines devaient être soumises à la censure préalable", a affirmé pour sa part M. Ammar, après la décision de son imprimeur de bloquer durant une demi-journée l'impression du dernier numéro du "Journal Hebdomadaire".
L'imprimerie Idéale à Casablanca édite notamment TelQuel, Nichane et le Journal Hebdomadaire.
Interrogé par l'AFP, le patron de l'imprimerie Youssef Ajana a confié avoir envoyé "pour avis et par précaution" au ministère de la Communication un exemplaire du Journal Hebdomadaire, ce qu'a formellement démenti le ministère. Il a ensuite, de son propre chef, décidé d'imprimer le magazine.
Le Journal Hebdomadaire présentait cette semaine un numéro spécial de 100 pages sur "un siècle de révolution sociale au Maroc à travers la photographie".
En outre, le directeur et un journaliste d'Al Watan al An, sont inculpés après la publication le 14 juillet d'un dossier intitulé "les rapports secrets derrière l'état d'alerte au Maroc", en citant des "documents confidentiels".
Le procès doit se poursuivre mardi devant le tribunal correctionnel de Casablanca qui a maintenu en détention le journaliste Mustapha Hormatallah et laissé en liberté provisoire le directeur Abderrahim Ariri.
De plus, se poursuivra également mardi le procès du directeur de l'hebdomadaire Al-Ousbou, Mustapha Alaoui, poursuivi pour "diffusion, de mauvaise foi, de fausses nouvelles", à propos des négociations entre le Maroc et le Polisario sur le Sahara occidental.
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| Publié le: 06/08/2007 à 18:41:41 GMT |
Source : AFP |
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