| Maroc: congrès des islamistes du PJD sur la moralisation de la vie politique |
| RABAT (AFP) - Les islamistes marocains du Parti de la Justice et du Développement (PJD, opposition) ont axé samedi leur 6e congrès sur la moralisation de la vie politique pour redonner aux Marocains la confiance dans le système électoral. |
Les assises auxquelles assistent jusqu'à dimanche 1.500 congressistes ainsi que des délégués venus notamment d'Algérie, de Turquie, des territoires palestiniens, du Soudan et du Koweit ont pour thème : "Pas de vie politique sans crédibilité".
Une immense banderole érigée dans la salle donne le ton de ces assises qui interviennent dix mois après les élections législatives où le PJD est devenu la seconde formation du pays avec 46 sièges derrière le vieux parti nationaliste Istiqlal qui en avait emporté 52.
"Nous avons choisi ce slogan car la crise de la société est profonde en raison du manque de crédibilité causé par l'écart entre les discours et l'action des dirigeants politiques du pays", a déclaré le secrétaire général Saad Eddine Othmani en faisant allusion notamment à la défection du corps électoral lors du scrutin législatif du 7 septembre 2007.
Le taux de participation n'a été que de 37% contre 52% en 2002.
"La question de la crédibilité aura des conséquences dangereuses si des efforts ne sont pas faits pour redonner de la considération à la vie politique, aux partis et aux institutions", a-t-il ajouté.
"Nous voulons être parmi les autres partis politiques qui militent pour rendre la confiance aux gens", a déclaré de son côté à l'AFP, Lahcen Daoudi, secrétaire général adjoint du PJD.
"Cette confiance doit d'abord être rétablie par la mise en place au sein de chaque partie d'une démocratie interne, dans la transparence" a-t-il dit avant de dénoncer ceux qui qualifient son parti d'"obscurantiste".
"La caravane passe. On a tracé notre ligne (...) ce qui nous intéresse c'est la confiance du peuple", a-t-il martelé.
Selon un expert des mouvements islamistes au Maroc, Mohamed Darif, le PJD "table sur la moralisation de la vie politique" pour renforcer son assise politique. En novembre, son mouvement de jeunesse avait déjà mené une "campagne sur ce thème", a observé M. Darif.
"L'importance de se congrès réside dans le fait qu"il se tient entre deux dates: le scrutin législatif du 7 septembre et les communales en 2009. Le PJD veut adresser un message aux responsables pour qu'ils respectent le choix des électeurs", a souligné Mohamed Darif dans une déclaration à l'AFP.
Pour sa part, l'un des chroniqueurs du journal Aujourd'hui le Maroc, Jamal Baraoui estime que le PJD, à travers son congrès, vise à "contrer Fouad Ali El Himma, à intervenir dans la crise de l'Union socialistes des forces populaires -USFP, plus grand parti socialiste au Maroc- et à gérer (à l'avenir) les grandes villes'".
Considéré comme un ami du roi, le jeune député Fouad Ali El Himma a créé récemment une association dénommée "Mouvement pour tous les démocrates" (MTD) dont certains membres ne cachent par leur désir de réduire l'influence des islamistes au Maroc. Quant à l'USFP, elle connaît un profond malaise depuis son échec aux élections de septembre 2007.
Le PJD "joue différemment sur les champs politique et religieux", estimé M. Baraoui.
"Le PJD fonde son action sur le référentiel islamique, la monarchie constitutionnelle et le choix démocratique pour édifier un Maroc sur des bases solides offrant à l'ensemble de ses fils et ses filles une vie digne et une citoyenneté active", a assuré M. Othmani.
Ce dernier est favori pour briguer un autre mandat à la tête du PJD.
Le congressistes du PJD ont été appelés à désigner par voie de bulletins secrets les candidats à la présidence avant le vote final. Il s'agit d'une "première au Maroc", a assuré M. Daoudi.
|
| Publié le: 19/07/2008 à 16:15:43 GMT |
Source : AFP |
|
|