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Libération condamné en appel pour injure publique envers le juge Burgaud
Fabrice Burgaud, le 23 octobre 2006 au Palais de justice de Paris (© AFP/archives - Jack Guez)
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VERSAILLES (AFP) - La cour d'appel de Versailles a condamné mercredi le quotidien Libération pour "injure publique" à payer des amendes et 10.000 euros de dommages et intérêts au juge Fabrice Burgaud, comparé dans un article au criminel nazi Adolf Eichmann.
Elle a ainsi confirmé un jugement du tribunal correctionnel de Nanterre d'avril 2007 mais a revu à la baisse le montant des amendes et des dommages et intérêts.

Condamné en première instance à une amende de 8.000 euros, le journaliste Emmanuel Poncet s'est vu infliger une amende de 5.000 euros. L'ex-directeur de publication, Serge July, a été condamné en revanche à la même amende de 5.000 euros.


De plus, les deux hommes devront payer solidairement 10.000 euros de dommages et intérêts au magistrat instructeur de la calamiteuse affaire d'Outreau, alors que le tribunal correctionnel de Nanterre les avait condamnés à 20.000 euros.

Serge July et Emmanuel Poncet devront en outre prendre en charge les frais de justice (4.000 euros chacun)

La cour a par ailleurs ordonné la publication d'ici un mois dans Libération d'un encart judiciaire reprenant les termes de la condamnation, sous peine d'astreinte de 500 euros par jour de retard.

Interrogé sur cette condamnation, le quotidien n'a pas souhaité réagir.

A l'origine de la procédure, les avocats de M. Burgaud, rejoints ensuite par l'ex-garde des Sceaux Pascal Clément, avaient attaqué cinq passages dans l'article incriminé. Libération a obtenu une relaxe partielle sur trois des cinq passages litigieux.

Me Jean-Yves Dupeux, avocat du juge Burgaud, avait estimé à l'issue du procès en première instance que "c'est à juste titre que le tribunal relève le caractère outrageant par l'assimilation de la personnalité de Fabrice Burgaud à Adolf Eichmann", l'un des principaux artisans de la "solution finale" (exécuté en Israël en 1962) "et par la violence de la répétition à sept reprises du nom d'Eichmann".


Dans un article paru le 17 février 2006, titré "Burgaud, un cadre obéissant", Emmanuel Poncet avait comparé le magistrat au criminel nazi, écrivant que les deux hommes présentaient un "profil psychologique" commun, celui du "jeune cadre obéissant", du "normopathe", ces "sujets hypernormaux, simples et sans complication".

Le tribunal avait relevé que "Adolf Eichmann a une notoriété particulière au sein des criminels nazis" comme organisateur de la déportation de millions de juifs vers les camps de la mort. Aussi, "ce rapprochement est outrageant en ce qu'il sous-entend qu'un magistrat de l'ordre judiciaire français peut être identifié avec un des animateurs essentiels d'un système totalitaire (...) dont les caractéristiques ont consisté à s'organiser pour annihiler les droits de l'Homme", une analyse jugée "dépourvue de toute base factuelle ou historique".

Publié le: 25/06/2008 à 16:30:32 GMT Source : AFP
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