| Koweït : un député islamiste demande l'audition du Premier ministre |
| KOWEIT (AFP) - Un député islamiste koweïtien de l'opposition a officiellement demandé dimanche l'audition du Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Sabah, pour détournement de fonds publics, ouvrant la porte à une nouvelle crise politique. |
Fayçal al-Muslim, a officiellement demandé à interroger le Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Sabah, un neveu de l'émir du Koweït, pour détournement de fonds publics et pour avoir émis au profit d'un ancien parlementaire un chèque de 700.000 dollars.
Il a affirmé dans sa demande que le bureau du Premier ministre avait détourné des dizaines de millions de dollars de fonds publics au cours de la campagne qui a précédé les élections législatives de mai 2008.
D'autres députés de l'opposition ont menacé d'interroger les ministres de l'Intérieur, de Travaux publics, des Finances et de la Défense pour diverses affaires de corruption, de mensonges au Parlement et de détournement de fonds publics.
Ces initiatives interviennent presque trois semaines après l'ouverture de la nouvelle session du parlement, marquée par un appel de l'émir à une coopération constructive entre les pouvoirs exécutif et législatif.
M. Al-Muslim avait déjà présenté en mars dernier une demande d'audition du Premier ministre, mais le parlement avait été dissous le même mois avant qu'elle ait lieu et des élections s'étaient tenues en mai.
Il a également demandé à interroger le Premier ministre sur une affaire de chèque d'une valeur de 700.000 dollars qu'il aurait remis à un ancien député.
ll y a deux semaines, il avait montré au Parlement une photocopie du chèque émis en juin 2008 par le Premier ministre en faveur d'un député, qui avait perdu son siège aux élections de mai dernier.
Cheikh Nasser avait nié toute malversation, affirmant avoir débité le chèque de son compte personnel et pour une cause humanitaire, selon la presse locale.
La demande de M. Al-Muslim sera inscrite à l'ordre du jour d'une séance parlementaire le 8 décembre, a indiqué à la presse le président de la Chambre, Jassem al-Khourafi.
Ce regain de tension politique a affecté la Bourse de Koweït, qui a plongé dimanche à son niveau le plus bas en sept mois. L'indice KSE a perdu 2% pour terminer la journée à 6.918,40 points, descendant sous la barre psychologique des 7.000 points pour la première fois depuis début avril.
Le Koweït a vécu ces quatre dernières années une série de crises politiques avec leur lot de dissolutions du Parlement et d'élections anticipées, ce qui n'a pas manqué de ralentir son élan économique.
Le Parlement a été dissous trois fois depuis mai 2006 et trois législatives ont eu lieu depuis, sans que cela ne débouche sur une amélioration des liens entre les élus et le gouvernement.
En juin 2008, le Parlement avait voté une motion recommandant au Bureau d'Audit, un organisme chargé de vérifier les comptes publics, d'enquêter sur des dépenses "suspectes" de 23 millions de dinars (86 millions de dollars) de la part du bureau du Premier ministre en 2007 et 2008.
En février, le Bureau d'Audit a décidé de soumettre son rapport au procureur général et il attend toujours la réponse.
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| Publié le: 15/11/2009 à 14:22:03 GMT |
Source : AFP |
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