| Kosovo: pas de "percée" à Vienne, la troïka reverra Serbes et Kosovars |
| VIENNE (AFP) - [>photo1<] |
La troïka internationale sur le Kosovo a conclu jeudi soir à Vienne des entretiens séparés d'une journée avec les Kosovars albanais, puis les Serbes pour tenter de rompre le blocage sur le futur statut de la province, en excluant une éventuelle division de la province.
La troïka et les délégations de Belgrade et de Pristina ont convenu de se retrouver "mi-septembre", puis en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, et des conversations directes sont souhaitables "dès que possible", a déclaré à la presse le représentant de l'Union européenne dans la troïka, Wolfgang Ischinger.
Selon lui, les deux réunions séparées au ministère autrichien des Affaires étrangères ont été "amicales et constructives" et les deux parties s'engagent à éviter toute "action ou déclaration provocatrice" ou toute violence.
Moscou, allié de Belgrade, a rejeté au Conseil de sécurité un plan du représentant de l'ONU, le Finlandais Martti Ahtisaari, prévoyant l'indépendance sous supervision internationale de cette province de Serbie peuplée à 90% d'Albanais.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a proposé le 1er août 120 jours de négociations supplémentaires pour tenter de parvenir à une solution consensuelle d'ici au 10 décembre.
Le Russe Alexandre Botsan-Khartchenko a souligné jeudi que "la troïka était unie" et que faute de "percée" à Vienne, "on avançait pas-à-pas".
M. Ischinger a pris la peine de souligner que "la partition ne figurait pas à l'ordre du jour et n'a été évoquée par aucune des deux parties aujourd'hui", d'autant que "les principes du groupe de Contact rejettent l'option de la partition".
L'éventualité d'une division du Kosovo favorisant la minorité serbe du Nord du Kosovo a pour la première fois été publiquement évoquée mardi par un Etat de l'UE, les Pays-Bas.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Maxime Verhagen avait en effet déclaré depuis Belgrade: "si les deux parties sont d'accord, et si c'est une solution qui peut fonctionner, alors je peux accepter la division, mais uniquement sous le contrôle des Nations unies".
Les deux parties ont chacune réitéré leurs positions jeudi.
Soulagé de l'engagement de la troïka sur l'intégrité territoriale, les Kosovars tablent sur une indépendance. La délégation de Pristina s'est aussi déclarée "rassurée" que la troïka ait refusé une partition de la province.
Le Premier ministre kosovar Agim Ceku a exclu jeudi toute remise en cause du plan Ahtisaari: "aidez-nous à appliquer (le plan) Ahtisaari. Aidez-nous à construire une relation de travail avec notre voisin" serbe sur un plan d'égalité, a-t-il dit aux représentants des trois puissances. Pristina veut "tenir compte des préoccupations serbes", et veut garantir les droits futurs de la minorité serbe, a-t-il dit.
Belgrade en reste au refus de l'indépendance, mais propose une très large autonomie à la province: "selon notre plan de statut, le Kosovo aurait plus de pouvoirs que jamais dans son histoire", a déclaré jeudi soir à la presse le ministre pour le Kosovo, Slobodan Samardzic. Le ministre des Affaires étrangères Vuk Jeremic, sur un ton modéré, a déclaré rechercher "une solution de compromis qui avance la cause de la paix et de la stabilité et l'avenir européen des Balkans occidentaux".
La troïka a souligné à sa création qu'elle ne ferait pas de nouvelles propositions mais accepterait toute solution qui aurait l'agrément à la fois de Belgrade et Pristina.
La province de Serbie peuplée à 90% d'Albanais est administrée par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999 avec l'Otan.
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| Publié le: 30/08/2007 à 18:29:20 GMT |
Source : AFP |
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