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14 Juillet: Assad à la tribune d'honneur après un séjour faste à Paris
Nicolas Sarkozy, Bachar al-Assad et le premier ministre slovène Janez Jansa, à Paris le 14 juillet 2008. (© AFP - Eric Feferberg)
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PARIS (AFP) - Couronnant un séjour à Paris qui lui a permis de briser son isolement diplomatique, le président syrien Bachar al-Assad a assisté lundi au côté de nombreux dirigeants étrangers au défilé du 14 Juillet, une présence symbolique qui a suscité la controverse.
Les 43 dirigeants ayant participé dimanche au lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM) avaient été conviés par le président français Nicolas Sarkozy à ce défilé militaire, moment fort de la fête nationale.

Sous un soleil radieux, M. Assad, portant des lunettes noires, a pris place, souriant, dans la tribune d'honneur dressée place de la Concorde, au bas de l'avenue des Champs-Elysées.


Côtoyant M. Sarkozy, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon -invité d'honneur du défilé-, l'Allemande Angela Merkel, l'Italien Silvio Berlusconi, le Palestinien Mahmoud Abbas ou l'Egyptien Hosni Moubarak, M. Assad a assisté au passage de quelque 4.000 soldats, dont les célèbres légionnaires.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert se trouvait lui aussi dans la tribune. Mais, comme la veille lors du sommet de l'UPM, les deux dirigeants de ces pays toujours formellement en guerre depuis 1948 se sont évités. M. Assad s'est ainsi un peu écarté au moment où M. Olmert serrait la main d'autres dirigeants.

La présence dans la tribune d'honneur de M. Assad, qui dirige un des régimes les plus répressifs du monde arabe, a été vivement critiquée par l'opposition de gauche en France et des organisations des droits de l'Homme.

D'anciens militaires français ont également fait part de leur malaise en évoquant "une atteinte à la mémoire" des 58 soldats français tués en 1983 dans l'attentat de l'immeuble Drakkar à Beyrouth, dans lequel nombre d'observateurs avaient vu la main de la Syrie.

En marge du défilé, le responsable de l'organisation Reporters sans Frontières (RSF), Robert Ménard, a été interpellé par la police avec une dizaine de militants qui criaient "Liberté en Syrie".

Cette action n'a pas perturbé le déroulement du défilé. La descente des Champs-Elysées par le président français, debout dans un command car, a provoqué applaudissements et quelques sifflets parmi les dizaines de milliers de spectateurs.

La principale innovation de ce défilé, jour de commémoration de la prise de la prison de la Bastille pendant la Révolution française, est venue de la lecture par l'acteur Kad Merad d'extraits du Préambule de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

Les phrases évoquant la nécessité que les droits de l'Homme "soient protégés par un régime de droit" et sur "le développement de relations amicales entre nations" ont pris une résonance particulière face à une telle tribune.

M. Sarkozy avait minimisé l'impact de la présence de M. Assad, affirmant qu'il n'était qu'un invité parmi d'autres.

M. Assad a lui écarté d'un revers de main la polémique sur sa présence et les mots du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, qui avait dit que cela ne "l'amusait pas spécialement".


"Il s'agit simplement d'un tapage politique", a déclaré dimanche soir M. Assad à la chaîne de télévision France 2.

Ce défilé a couronné un week-end faste pour M. Assad à Paris, qui s'est posé en acteur incontournable du processus de paix au Proche-Orient.

Reçu en tête-à-tête par M. Sarkozy au palais de l'Elysée, il a aussi rencontré durant son séjour M. Ban et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi qu'à deux reprises son homologue libanais Michel Sleimane.

Temps fort de ces entretiens, les deux hommes ont donné leur accord pour l'ouverture prochaine de relations diplomatiques, une première depuis l'indépendance de leurs pays il y a plus de 60 ans.

Publié le: 14/07/2008 à 12:39:57 GMT Source : AFP
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