| Journée nationale du commerce intérieur à Casablanca |
| Le commerce intérieur revêt une importance indéniable du fait de ses apports en richesses, emplois et services qu’il rend aux citoyens et de l’animation qu’il crée. |
Pourtant, il est confronté à des défis importants liés notamment à la persistance du dualisme commerces moderne et traditionnels et aux exigences d’un environnement en perpétuelle mutation et d’une demande de plus en plus variée des consommateurs.
M. Driss Jettou présidant l’ouverture de la journée
Pour débattre de ces questions d’importance capitale pour ce secteur et pour l’économie nationale en général, le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications a organisé hier à Casablanca, la Journée nationale du commerce intérieur, sous le thème «Le commerçant : acteur incontournable dans le développement économique et social».
Cette rencontre a été présidée par M. Driss Jettou Premier ministre, en présence de M. Rachid Talbi El Alami, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications, et de M. Ahmed Taoufiq Hjira, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé du Logement et de l’Urbanisme. La tenue de cette deuxième journée nationale du commerce intérieur est d’autant plus importante qu’elle traite, selon le Premier ministre, d’une question qui s’inscrit dans le cadre des orientations du gouvernement visant à développer ce secteur et à le mettre au niveau des standards internationaux.
Cet intérêt se justifie, selon M. Jettou, par le rôle socio-économique prépondérant que joue cette branche de l’activité économique nationale. En effet, le commerce intérieur qui couvre la totalité du territoire du Royaume, avec plus de 720.000 unités commerciales, assure 12,8 % du PIB national. De même, ce secteur est un pourvoyeur important d’emplois, puisqu’il assure du travail à plus de 1,2 million personnes, soit 13 % de la population active et satisfait les besoins quotidiens des citoyens.
L’intérêt de ce tissu commercial va en grandissant avec le développement qu’il connaît, concrétisé surtout par le déploiement constant des grandes et moyennes surfaces et l’introduction sur le marché national de nouveaux opérateurs et de nouvelles enseignes de renommée internationale.
Ce prodigieux développement ne devra pas, pourtant détourner le gouvernement et les opérateurs des efforts importants qu’ils doivent consentir pour réaliser un développement harmonieux cohérent de toutes les branches de ce secteur et minimiser l’impact du dualisme : commerce moderne et commerce traditionnel et de l’amélioration des circuits de distribution qui continuent à entraver le vrai essor de ce secteur. En effet, un bon nombre d’activités entrant dans le cadre de ce secteur continuent à s’accrocher aux comportements et traditions commerciales dépassées, ce qui se répercute négativement sur la qualité, la santé et sécurité des citoyens. De même, ces pratiques empêchent les commerçants de bénéficier des financements bancaires, étant donné qu’ils ne disposent ni de garanties nécessaires, ni de comptabilité moderne et que leur épargne est d’un niveau faible.
Pour contribuer à dépasser cette situation, le gouvernement est dans l’obligation de mettre en place dans les plus brefs délais des mécanismes aussi bien juridiques, financiers que fiscaux susceptibles d’aider les petits commerces à faire face à la concurrence que leur imposent les grandes et les moyennes surfaces. De même, le gouvernement envisage l’organisation du secteur commercial informel, qui livre une concurrence déloyale au secteur organisé, et l’intégrer dans le secteur formel, moyennant un programme de relogement et de fixation de 23.000 marchands ambulants dans des zones commerciales aménagées. Ce programme nécéssitera un financement de l’ordre de 105 millions de DH.
Ce programme a été également évoqué par M. Rachid Talbi El Alami, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications, comme étant l’un des projets de son département pour améliorer la compétitivité du secteur commercial. Ce programme a fait l’objet d’une convention entre ce département et le ministère de l’intérieur en novembre dernier.
Aussi ce département prépare une étude d’impact des grandes et moyennes surfaces sur les commerçants traditionnels à Casablanca. De même, le cadre juridique régissant ce secteur subit des réformes dans le but de lui garantir toutes les chances de développement. Lahcen Oudoud
Le Matin |
| Publié le: 22/06/2003 à 11:02:16 GMT |
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