| Jimmy Carter rencontre Assad et Mechaal, le chef en exil du Hamas |
| DAMAS (AFP) - L'ex-président américain Jimmy Carter, arrivé vendredi à Damas dans le cadre d'une tournée régionale, s'est longuement entretenu avec le chef en exil du mouvement islamiste palestinien Hamas, Khaled Mechaal, une rencontre critiquée a priori par les Etats-Unis et Israël. |
L'entrevue, qui a débuté dans l'après-midi au bureau du mouvement islamiste à Damas, a duré plus de quatre heures, selon un journaliste de l'AFP. Rien n'a filtré sur le contenu des discussions.
Un responsable du Hamas, Mohammad Nazzal, a néanmoins précisé qu'une autre rencontre était prévue en soirée "entre des conseillers de M. Carter et des membre du bureau politique du Hamas (...) pour examiner les détails notamment quant au prix d'une libération du soldat (israélien) capturé (Gilad Shalit), et l'arrêt des tirs de roquettes contre Israël".
Avant le début des entretiens Carter-Mechaal, un autre dirigeant du Hamas, Moussa Abou Marzouk, joint par téléphone, avait affirmé que le dialogue entre les deux hommes aborderait le "sort du soldat capturé, une éventuelle trêve avec Israël, et la levée du blocus sur la bande de Gaza".
Gilad Shalit a été enlevé lors d'une attaque par un commando palestinien contre un poste militaire israélien à la frontière avec Gaza, en juin 2006.
Au Caire, un haut responsable du Hamas, Mahmoud Zahar, a réaffirmé vendredi les conditions posées par le mouvement islamiste à sa libération, à savoir la remise en liberté de prisonniers palestiniens.
Avant de discuter avec Khaled Mechaal, Jimmy Carter s'était entretenu avec le président syrien Bachar al-Assad. Selon l'agence officielle Sana, ils ont notamment jugé important de "mobiliser les efforts pour alléger les souffrances des Palestiniens et lever le blocus" de Gaza.
Israël et les Etats-Unis, qui considèrent le Hamas comme une organisation terroriste, avaient critiqué à l'avance le projet de rencontres de Jimmy Carter avec le Hamas.
La chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice avait déclaré ne pas voir l'intérêt, qualifiant le Hamas de "principal obstacle à la paix", alors que la Maison Blanche a souligné que l'ex-président, prix Nobel de la paix 2002, agissait à titre privé.
Un haut responsable du ministère israélien de la Défense, Amos Gilad, avait estimé qu'"une telle rencontre (avec Mechaal) serait d'autant plus honteuse que Jimmy Carter incarne la paix".
Le Hamas contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007 après avoir défait les forces fidèles au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas. Il ne reconnaît pas l'existence d'Israël, prône la lutte armée pour libérer les territoires occupés et a revendiqué des attentats meurtriers anti-israéliens.
Dès le début de son voyage régional dimanche en Israël, M. Carter, artisan du traité de paix égypto-israélien en 1979, avait tenu à défendre son projet, affirmant ne pas agir en médiateur et prônant le dialogue avec le Hamas.
"Il est très important que quelqu'un rencontre les dirigeants du Hamas pour exprimer ses vues, pour jauger s'ils peuvent faire preuve de souplesse, pour tenter de les convaincre de cesser toute attaque contre des civils innocents en Israël et de coopérer avec le Fatah", avait-il dit.
La rencontre avec M. Mechaal "sera l'occasion pour le Hamas de clarifier ses positions et lui permettra de briser la politique d'isolement imposée par les Etats-Unis, Israël et d'autres parties", avait de son côté clamé un porte-parole du groupe, Sami Abou Zouhri.
L'ancien président américain a également incité au dialogue avec la Syrie, jugeant difficile de conclure une paix dans la région sans elle.
Depuis 2003, les relations syro-américaines sont au plus bas. Les Etats-Unis, qui accusent notamment la Syrie de vouloir déstabiliser ses voisins libanais et irakien, ont imposé en 2004 des sanctions à Damas, étendues en 2006 contre certains individus.
Après la Syrie, M. Carter doit se rendre en Jordanie et en Arabie saoudite.
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| Publié le: 18/04/2008 à 20:14:53 GMT |
Source : AFP |
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