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"L'hôpital des nounours": pour ne plus avoir peur des blouses blanches
LILLE (AFP) - Stop-gratouilles, nettoie-bobo et tue-bébêtes: des enfants de classe maternelle ont trouvé toutes sortes de médicaments pour soigner leur peluche à "l'hôpital des nounours" à Lille qui permet de familiariser les tout petits avec l'univers des blouses blanches, souvent effrayant pour eux.
Leur doudou dans les bras, une trentaine d'enfants de 5 à 6 ans sont accueillis par une soixantaine de "nounoursologues" dans ce petit hôpital pas comme les autres, qui ouvre ses portes depuis quatre ans à la faculté de médecine de Lille avec la participation bénévole de ses étudiants.

L'enfant, selon la pathologie de son nounours, sera orienté vers la salle d'attente, cabinet médical, poste de soins, service radiologie, bloc opératoire et pharmacie, tous reconstitués avec soin.


"Le syndrome de la blouse blanche est important chez les enfants. Même si ce n'est pas pour eux mais pour leur nounours, ils sont impressionnés", explique Isabelle Thieffry, la directrice de l'école maternelle Jenner à Lille-Hellemmes.

La première étape pour l'enfant - qui sera suivi tout le long de son parcours par un accompagnateur en blouse blanche - est le passage par la salle d'attente pour remplir le carnet de santé.

"Il a mal où ton doudou ?", interroge une jeune étudiante, stéthoscope autour du cou. "Il a mal à la patte et au bras", lui répond Mathéo, 5 ans en montrant son "lapinou" qui a eu "un accident". Les enfants ont déjà préparé en classe cette entrevue un peu spéciale et décidé de la pathologie de leur peluche.

Maintenant, muni de son carnet de santé, Mathéo passe en consultation. "Je vois que ton lapinou est bien malade. Je lui prescris d'abord une radio, ensuite on lui donnera un médicament et on lui fera un pansement, d'accord?", propose un futur médecin.

Tom, lui, son doudou, c'est une panthère noire nommée Cerise. Elle a la varicelle et se verra prescrire du "stop-gratouille". La poupée d'Agathe a 3 ans et "elle est allergique au chocolat, ce qui est drôlement embêtant". Elle aura droit à un cours de nutrition et à un vaccin.

"On utilise des mots comme +nettoie-bobo+ pour l'antiseptique ou +tue-bébêtes+ pour l'antibiotique pour qu'ils puissent bien comprendre à quoi sert le médicament", explique Marion Lemaître, en 4ème année de médecine et organisatrice de la journée.

Chaque service a un message à faire passer sur l'hygiène, la santé, la sécurité, la découverte du corps. A la fin du parcours, un "nounours pack" a été distribué à chaque enfant contenant divers cadeaux : nounours en peluche, jouets médicaux (stéthoscope, piqûre...).

A l'origine, le projet de l'hôpital des nounours a été élaboré par des étudiants en médecine de deux universités allemandes sous le nom de "Teddy Bear Hospital" et repris avec succès depuis quatre ans en France par l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF).

Peut-être cette journée aura-t-elle déclenché des vocations chez des tout petits?

Publié le: 05/04/2008 à 11:26:20 GMT Source : AFP
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