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Henri Salvador fait ses adieux à la scène dans de grands éclats de rire
Henri Salvador, le 21 décembre 2007 au Palais des Congrès de Paris (© AFP - Olivier Laban-Mattei)
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PARIS (AFP) - "Faut rigoler", comme il l'a chanté tant de fois: c'est dans de grands éclats de rire que Henri Salvador , 90 ans, a fait ses adieux à la scène, vendredi soir au Palais des Congrès de Paris.
Le vieux monsieur a conclu son dernier concert par son célébrissime sketch du gin, qu'il faisait "déjà avant Jésus Christ". Oubliés les 90 ans: un enthousiasme de gamin l'animait lorsqu'il a mimé l'ivresse, faisant s'esclaffer les quelque 3000 spectateurs.

"C'est une déchirure que de vous quitter", a-t-il tout de même lancé avant que le rideau se referme et que, d'un geste, il fasse comprendre qu'il était trop fatigué pour de longs rappels, malgré l'ovation debout.

Son avant-dernier concert, le 26 octobre salle Pleyel, s'était achevé sur des sanglots d'émotion. Celui de vendredi était au contraire placé sous le signe de l'humour mordant dont il a souvent joué durant ses 60 ans de carrière.

En évoquant un mot d'encouragement "que (lui) a envoyé +Sarko+", il met sa main à cinquante centimètres du sol et lâche, devant un public hilare: "Il est allé chercher Carla Bruni qui fait trois mètres! Il ne peut lui embrasser que les genoux".

Il donne aussi dans l'autodérision. Gêné par un chat dans la gorge durant "Le loup, la biche et le chevalier" (le vrai titre d'"Une chanson douce"), il glisse des "Il est temps que j'arrête" et autres "Il est cuit, Salvador".

"Je vois pas ce truc", rigole-t-il alors qu'il a du mal à distinguer le prompteur devant lui.

Avant "Le lion est mort ce soir", il explique: "En américain, ça s'appelle de la money music! J'en ai fait une tonne". Et une fois le célèbe refrain terminé, il s'exclame: "+Owim Bowé+, tu parles d'une connerie!"

Henri Salvador, le 21 décembre 2007 au Palais des Congrès de Paris (© AFP - Olivier Laban-Mattei)
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"Ça, ça fait manger!", avoue-t-il après avoir enchaîné avec "Le travail c'est la santé" et "Zorro est arrivé".

Mais Henri Salvador n'est pas qu'un amuseur, c'est aussi un crooner fou de jazz. Même si elle n'a plus son lustre d'antan et malgré les outrages des ans, sa voix reste suave et connaît un net regain de vigueur sur les morceaux jazzy les plus dynamiques, comme ce "Blouse du dentiste" écrit avec Boris Vian dans les années 50. Car son sens du swing est toujours là.

Elégant dans un ensemble blanc et un blazer bleu, il est accompagné par neuf musiciens (piano, cuivres, batterie, guitares...). A portée de main trône un verre de bordeaux ("Un p'tit vin qui pète pas plus haut que son cru!") qui l'aide à chasser ses chats dans la gorge.

D'autres classiques défilent, comme "Dans mon île", qui avait contribué à la naissance de la bossa nova au Brésil à la fin des années 50, "Syracuse", ou "Avec le temps" de Léo Ferré.


Ils sont précédés de chansons de son dernier album, "Révérence" (allusion à ses adieux à la scène), dont "La vie c'est la vie" qui, dans sa bouche, sonne comme un défi au temps: "La vie, faut la vivre jusqu'à en crever!"

L'occasion de rappeler qu'il est le plus âgé des chanteurs français: "Aznavour a 83 ans, Chevalier est mort à 84, Trenet à 86 ou 88. Il n'y a que Jeanne Calment qui m'ait battu, mais elle chantait comme une enclume!"

Signe de son goût pour l'humour noir, il avait demandé à Laurent Baffie de dire quelques mots d'introduction au début de la soirée.

Avant le lever de rideau, Baffie a conseillé aux spectateurs de "laisser leur portable allumé pendant le concert pour appeler le Samu" en cas de malaise du nonagénaire, ce qui a sans doute dû bien faire rire ce dernier avant qu'il ne tire son ultime "Révérence".

Publié le: 21/12/2007 à 23:09:18 GMT Source : AFP
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