| Grèce: un haut magistrat et le fisc visés par des attentats à Athènes |
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ATHENES (AFP) - Des attentats attribués par la police à l'extrême gauche ont visé à Athènes vendredi le fisc et un institut sur l'immigration, au lendemain de l'explosion d'une charge sous le véhicule du président du Conseil d'Etat, la plus haute autorité administrative en Grèce. |
Une bombe a explosé vendredi matin à l'aube devant un bureau des services fiscaux dans le quartier d'Ambélokipi, proche du centre d'Athènes, provoquant d'importants dégâts matériels et un début d'incendie vite maîtrisé par les pompiers, a indiqué la police grecque.
Une demi-heure avant l'explosion, survenue à environ 04H37 locales (01H37 GMT), marquée par une forte déflagration, des inconnus avaient téléphoné à deux quotidiens grecs pour prévenir de l'imminence de cette explosion, selon la même source.
Les services antiterroristes de la police ont été chargés de l'enquête, et la police "soupçonne le groupe d'extrême gauche Lutte révolutionnaire d'être responsable de cet attentat", a indiqué une source policière. Lutte révolutionnaire (EA) avait notamment lancé une roquette sur l'ambassade des Etats-Unis à Athènes en 2007.
Considéré comme le groupe local le plus dangereux et inscrit sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, EA avait notamment attaqué à la mitraillette et à coup de grenades un commissariat en février à Korydallos, dans la banlieue ouest d'Athènes. Le groupe a également revendiqué récemment des attentats à la bombe, dont l'un raté, contre une succursale et le siège athénien de la banque américaine Citibank
La police a également indiqué qu'une charge avait explosé jeudi en milieu de journée sous la voiture de service du président du Conseil d'état, le juge Panagiotis Pikrammenos qui a pris ses fonctions le jour même. La voiture était garée sur un parking proche du Conseil d'Etat, au centre d'Athènes, et l'explosion qui a détruit le véhicule n'a pas fait de blessé, a ajouté la même source.
Par ailleurs, de l'essence enflammée a été jetée tôt vendredi matin sur les bureaux athéniens d'un institut de recherche sur l'immigration, l'Imepo, dépendant du ministère de l'Intérieur, provoquant des dégâts mineurs, a ajouté la police.
La vitrine de l'Imepo a été brisée et du mobilier détruit par les flammes. Ces deux dernières attaques sont sans doute également "le fait de petits groupes d'extrême gauche autonomes, mais sans lien avec le groupe Lutte révolutionnaire", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police, Panagiotis Stathis.
"Nous pensons que l'Imepo a été visé car cet institut fait partie des rouages de l'Etat et que sa politique ne correspond pas aux idées (de l'extrème gauche) selon lesquelles tous les réfugiés devraient se voir accorder l'asile en Grèce", a ajouté M. Stathis. "L'extrême gauche ne désarme pas et en s'en prenant à l'Imepo, elle entend sans doute dénoncer le peu d'activité de ce think-tank et le peu de résultats obtenus par le gouvernement grec en matière d'intégration des immigrés", a estimé de son côté une source diplomatique européenne.
Des attentats à l'explosif sont fréquents à Athènes et à Salonique (nord) et sont souvent imputés à des groupes d'extrême gauche ou à la mouvance anarchiste.
Les actes de violence contestataire et les attentats se sont multipliés en Grèce depuis la mort en décembre dernier d'un adolescent, tué lors d'une bavure policière dans le quartier d'Exarchia, dans le centre de la capitale. Sa mort a provoqué des troubles urbains pendant plusieurs semaines.
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| Publié le: 03/07/2009 à 10:57:24 GMT |
Source : AFP |
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