| Les grandes entreprises japonaises attendent un très bon cru 2005-2006 |
| TOKYO (AFP) - Les grandes entreprises japonaises, qui commencent cette semaine à publier leurs résultats pour l'exercice 2005-2006, devraient pour la plupart afficher d'excellentes performances, fruits de leurs innovations et des profondes restructurations menées ces dernières années. |
"Nous sommes au-delà de la reprise, puisqu'il s'agit de la quatrième année consécutive de hausse des bénéfices. Nous sommes clairement dans une période d'expansion économique", analyse Stefan Rheinwald, économiste chez CLSA.
"Le Japon est en bonne forme, et la croissance devrait se poursuivre", estime-t-il.
Reflétant l'optimisme généralisé, la Bourse de Tokyo s'est envolée ces derniers mois: son indice-phare, le Nikkei 225, a bondi de quelque 45% depuis août 2005 et a atteint récemment son plus haut niveau depuis près de six ans, au-dessus de 17.500 points.
De nombreuses firmes ont récemment revu à la hausse leurs prévisions de bénéfices pour l'exercice 2005-2006, achevé le 31 mars.
Ce retour à meilleure fortune s'explique par un rebond de la consommation intérieure, conjugué aux conséquences de restructurations en profondeur.
"Les sociétés ont fortement amélioré leur rentabilité. Leur structure de coûts est bien équilibrée, comme jamais depuis les années 1960", explique M. Rheinwald.
"Mais la façon dont elles gèrent leur comptabilité reste encore imparfaite. Il y a trop d'entreprises qui ont thésaurisé en période de difficultés", tempère-t-il.
Les banques japonaises se trouvent désormais dans une bien meilleure situation, étant en grande partie débarrassées du fardeau des créances douteuses accumulées durant la période de la bulle immobilière, avant que celle-ci n'éclate au début des années 1990.
L'exemple de Mitsubishi UFJ (MUFG), la première banque du monde née de la fusion en octobre de Mitsubishi Tokyo Financial Group avec UFJ Holdings, le prouve.
MUFG anticipe un bénéfice net de quelque 1.170 milliards de yens (8,19 milliards d'euros), le plus important parmi toutes les entreprises japonaises, ex-aequo avec le géant de l'automobile Toyota.
Les mastodontes de l'électronique, industrie emblématique du Japon touchée de plein fouet par la concurrence asiatique à bas coûts, ont commencé à inverser la tendance.
Leur stratégie d'innovation et de production haut-de-gamme, illustrée par Matsushita, Canon ou Sharp, s'avère payante. Elle leur a permis d'éviter de se laisser entraîner dans une guerre des prix destructrice.
Certes, tous ne sont pas encore tirés d'affaires --Sony traverse encore des difficultés-- mais la tendance est positive.
L'inventeur du Walkman, en pleine restructuration, s'attendait initialement à finir l'année 2005-2006 sur une perte de 10 milliards de yens.
Il a revu ses prévisions, et escompte désormais un gain net de 70 milliards de yens, grâce notamment à un rebond de son activité télévision, le tout étant aidé par un taux favorable du yen.
La faiblesse actuelle de la monnaie japonaise face au dollar et à l'euro profite également aux autres sociétés fortement exportatrices, comme Toyota, dont la marque connaît un succès croissant aux Etats-Unis et en Europe.
Le numéro un japonais de l'automobile devrait même s'emparer prochainement du titre de champion mondial en nombre de véhicules produits annuellement, devant l'américain General Motors.
Le patron de GM, Rick Wagoner, a d'ailleurs récemment accusé le Japon de manipuler sa devise pour favoriser ses sociétés.
En revanche, la bonne tendance de l'économie nipponne ne suffit pas à désembourber les sociétés qui ont tardé à se restructurer, comme le groupe d'électronique Sanyo ou la première compagnie aérienne Japan Airlines (JAL), qui prévoient de terminer l'exercice sur de lourdes pertes.
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| Publié le: 24/04/2006 à 07:53:30 GMT |
Source : AFP |
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