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La fusillade aux USA, un nouveau coup au moral d'une armée stressée
Des proches des victimes de la fusillade survenue le 5 novembre 2009 à Killeen au Texas (© AFP/Getty Images - Ben Sklar)
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WASHINGTON (AFP) - La fusillade qui a fait 12 morts sur une base militaire américaine risque de porter un sévère coup au moral d'une armée épuisée par des déploiements à répétition depuis des années en Irak et en Afghanistan, et confrontée à un taux record de suicides et de dépressions.
Sombre ironie du sort: le tireur, qui a tué au moins 12 personnes et en a blessé 31 autres à Fort Hood (Texas), est un psychiatre militaire, le commandant Nidal Malik Hasan. Il était sur le point d'être envoyé en Irak et a survécu après avoir été touché par balles lors de la fusillade.

Ce massacre, au cours duquel plus de soldats américains ont péri qu'en Irak au mois d'octobre, ne va pas manquer de déprimer un peu plus des forces armées stressées par la violence des combats, la fréquence et la longueur des missions en Irak et en Afghanistan -- douze mois de suite, entrecoupés d'une seule permission de 15 jours.


Ces missions à répétition sont considérées comme étant à l'origine d'une forte progression du nombre de suicides dans l'armée américaine. L'an passé, 128 soldats ont mis fin à leurs jours contre 115 en 2007, et le nombre de suicides cette année est en voie de dépasser ce funeste record.

Face à ces statistiques alarmantes, le Pentagone a lancé des programmes de prévention et accentué les efforts de dépistage des problèmes psychologiques, comme le syndrome post-traumatique, et des traumatismes cérébraux provoqués par les explosions ou les chocs violents.

"Je veux briser le tabou autour de ces blessures. Elles sont aussi réelles qu'une jambe cassée ou un bras arraché. Ce ne sont pas des faux problèmes inventés par des soldats faibles", déclarait courant octobre le numéro deux de l'armée de terre américaine, le général Peter Chiarelli.

Parmi les soldats impliqués dans des incidents en Irak ou en Afghanistan, la proportion d'hommes souffrant de syndrome post-traumatique ou de traumatisme cérébral est passée de 38% à 52% depuis août 2008.

Et selon le général Chiarelli, environ un tiers des soldats envoyés au front souffriront d'une forme ou d'une autre de syndrome post-traumatique.

Le problème commence à être pris sérieusement en compte. A l'hôpital militaire Walter Reed, à Washington, l'aide psychologique fait désormais partie intégrante des soins prodigués aux blessés revenant des zones de combat. Le personnel médical offre aussi un soutien aux familles d'anciens combattants, fragilisées par les longues absences des militaires et les traumatismes qu'ils rapportent.


"Il est clair que plus vous traitez ces blessures rapidement, plus vous avez des chances de succès. Il y a véritablement urgence" à s'attaquer au problème, a commenté mercredi le chef d'état-major américain, Michael Mullen, lors d'une conférence à Washington. Le plus haut gradé américain reconnaît toutefois que les soldats, baignés dans une culture valorisant les "durs à cuire", sont réticents à demander un soutien.

"Nous devons continuer à briser ce tabou. Parce que c'est difficile d'appeler à l'aide. Et cela se retourne trop souvent contre vous", a fait valoir l'amiral Mullen.

Publié le: 06/11/2009 à 06:19:30 GMT Source : AFP
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