| France Télécom joue la prudence en renonçant à TeliaSonera |
| PARIS (AFP) - France Télécom a renoncé lundi à son projet de rachat de l'opérateur suédo-finlandais TeliaSonera, faute d'accord sur les conditions financières, une annonce qui a rassuré le marché mais qui relance les interrogations concernant la stratégie du groupe français en Europe. |
L'abandon du projet pourrait permettre à France Télécom d'opérer une distribution exceptionnelle de cash à ses actionnaires, a expliqué le groupe.
Il a souligné que "ce projet n'(était) pas indispensable à la mise en oeuvre de sa stratégie" et qu'"il n'avait pas à l'heure actuelle de projet de l'envergure de celui de TeliaSonera à l'étude".
Après plus de trois semaines de discussions et d'ultimes négociations ce week-end, le groupe nordique a expliqué de son côté que les deux opérateurs n'avaient pas pu "se mettre d'accord car il n'y avait pas eu d'amélioration de l'offre de France Télécom".
Cette dernière, estimée à environ 56 couronnes suédoises par action de TeliaSonera, soit plus de 30 milliards d'euros au total, avait été immédiatement rejetée, jugée insuffisante, par le suédo-finlandais.
Né de la fusion en 2002 du suédois Telia et du finlandais Sonera, le groupe nordique est actuellement détenu à 37,3% par l'Etat suédois, à 13,7% par l'Etat finlandais et à 18,2% par des institutions et entreprises suédoises.
L'opérateur historique français avait tout au long des discussions affirmé qu'il ne souhaitait pas modifier la parité entre les actions des deux groupes et que "les marges de manoeuvre sur la partie numéraire de l'offre indicative (étaient) très limitées", laissant ainsi une faible marge pour les négociations.
France Télécom a indiqué, après avoir jeté l'éponge, que "ce projet n'(était) pas indispensable à la mise en oeuvre de sa stratégie".
Le marché parisien a dès l'ouverture lundi salué l'annonce de l'abandon de l'offre sur TeliaSonera, dont la pertinence stratégique était contestée par les analystes.
L'action France Télécom a clôturé en hausse de 7,19% à 18,71 euros dans un marché en progression de 0,85%. Entre l'annonce d'une "démarche amicale" pour fusionner avec TeliaSonera et la clôture de vendredi, France Télécom avait reculé de 8,0%.
Les dirigeants de France Télécom ont à plusieurs reprises fait part de leur conviction que la consolidation du secteur en Europe pourrait réduire à trois ou quatre le nombre de grands opérateurs dans cinq à dix ans alors qu'une quarantaine de groupes existent actuellement.
En Europe, "un nombre limité d'actifs peuvent être intéressants", explique un analyste, évoquant deux à trois groupes comme cible potentielle. Selon lui, France Télécom va concentrer ses recherches sur ses zones géographiques de prédilection à savoir l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient, et peut-être l'Asie.
Selon Rob Goyens, analyste de Dexia, France Télécom pourrait s'intéresser au groupe égyptien "Orascom Telecom, qui est un +pure player+ (société concentrée sur une seule activité, ndlr) dans les pays émergents", ou pénétrer le marché algérien où de nouvelles licences 3G sont actuellement distribuées".
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| Publié le: 30/06/2008 à 17:47:10 GMT |
Source : AFP |
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