| France Soir reparaît avec une nouvelle maquette, après 8 semaines d'absence |
| PARIS (AFP) - France Soir, repris par une nouvelle équipe dans le cadre d'un redressement judiciaire, est reparu mercredi avec une nouvelle maquette après huit semaines d'absence des kiosques liée à une grève des salariés hostiles aux repreneurs de cet ex-fleuron de la presse française. |
En affichant un "N°1" à la une du journal mercredi, les nouveaux dirigeants ont remis à zéro les compteurs du quotidien créé en 1941 par des résistants sous le nom Défense de la France et rebaptisé France Soir en 1944.
Abondamment illustré de photos, France Soir fait la part belle aux informations sur les "people" (célébrités), la télévision, le sport et réserve un cahier spécial à l'hippisme. L'absence de têtières (mots en haut des pages décrivant leur contenu, comme "politique" ou "sport" par exemple) peut donner une impression de désordre et rendre difficile une lecture rapide.
Vendu au prix inchangé de 0,90 euro et conservant son format tabloïd mais avec un logo légèrement modifié -lettres blanches penchées sur fond rectangulaire rouge-, le journal compte 40 pages au total, dont 16 en quadrichromie (couleur) et 8 pour le cahier hippisme imprimé sur fond jaune.
A la une de l'édition de mercredi, une grande photo de la chanteuse américaine Mariah Carey, interviewée "en exclusivité", ainsi qu'une photo timbre-poste de l'ex-entraîneur Guy Roux interrogé sur l'équipe de France de football, un gros titre sur la sécurité routière et un autre sur les courses hippiques du jour.
"Il y aura beaucoup de +people+. Pour autant, la politique et la culture ne seront ni occultées ni négligées", indique le directeur de la rédaction de France Soir, François Mattei, mercredi au journal Le Monde.
Ce "N°1" a été diffusé à plus de 160.000 exemplaires, fabriqués dans six imprimeries et distribués dans 27.000 points de vente, a déclaré la secrétaire générale de France Soir, Christiane Vulvert. Avant l'arrêt de sa parution le 13 avril, France Soir était diffusé à quelque 35.000 exemplaires.
Le journal avait disparu des kiosques en raison d'une grève du personnel, lancée après la décision du Tribunal de commerce de Lille optant le 12 avril pour le projet de reprise de l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois et du journaliste sportif Olivier Rey. Confirmé en appel le 16 mai, leur plan de reprise prévoyait le licenciement de plus de la moitié des 112 salariés du journal, où devaient rester 51 personnes, dont 31 journalistes.
Vingt des journalistes conservés ayant fait valoir la clause de cession (départ avec des avantages, possible en cas de changement de propriétaire), l'édition de mercredi a été réalisée par une rédaction d'"une trentaine de journalistes", dont 11 de l'ancienne équipe et une "vingtaine de pigistes qui collaboraient déjà pour France Soir", a indiqué Mme Vulvert.
Selon la déléguée syndicale Christelle Bertrand, secrétaire-adjointe du comité d'entreprise de l'ancien France Soir pas encore dissous, "ces pigistes sont en fait d'anciens stagiaires du journal".
Le nouveau France Soir a aussi utilisé des dépêches d'agences de presse et des articles d'agences de pigistes, selon Mme Vulvert. Des articles sont ainsi signés par des journalistes du groupe Sport.fr.
Le contenu du "N°1" a été jugé "catastrophique" par Matthieu Frachon, ancien journaliste de France Soir. "C'est léger. Il y a un énorme appel en une sur la sécurité routière et un tout petit papier à l'intérieur. C'est survendu", a estimé François Rousselle, ex-journaliste de France Soir.
"Ce n'est plus un quotidien d'information générale (...) Entre Direct Soir (ndlr: quotidien gratuit lancé mardi) et celui-là, pourquoi irait-on acheter France Soir?", s'est exclamée Christelle Bertrand.
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| Publié le: 07/06/2006 à 15:44:05 GMT |
Source : AFP |
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