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Le Festival de Cannes s'ouvre sur un ton grave et politique
(de g à d) Les acteurs Don Mc Kellar, Alice Braga, le réalisateur Fernando Meirelles, les acteurs Julianne Moore et Gael Garcia Bernal, le 14 mai 2008 à Cannes (© AFP - Anne-Christine Poujoulat)
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PARIS (AFP) - "Blindness", un glaçant thriller brésilien sur une humanité livrée à ses plus bas instincts devait ouvrir mercredi le Festival de Cannes auquel le président du jury, l'Américain Sean Penn a donné un ton très politique, jugeant que le cinéma ne peut oublier le monde qui l'entoure. Evènement
Six ans après avoir dévoilé hors compétition "La cité de Dieu", brillante fiction survoltée sur la guerre des gangs à Rio, Meirelles revient entouré de ses comédiens Julianne Moore, Danny Glover et Gael Garcia Bernal, pour une montée des marches glamour, à partir de 19H15, avant la projection de gala.

Son dernier film, qui sortira en France le 30 juillet, est tiré du livre "L'Aveuglement" du Portugais José Saramago, Prix Nobel de littérature 1998. Comme l'acteur Mark Ruffalo, retenu par un tournage, l'écrivain âgé de 86 ans qui était attendu sur la Croisette, s'est excusé pour raisons de santé.

En revanche Bollywood ne passera pas inaperçu : sa grande star Amitabh Bachchan, alias "Big B" ou l'homme aux cent films devait fouler le tapis rouge, entouré de sa belle-fille Aishwarya Rai l'égérie de L'Oréal, l'un des sponsors du festival, au bras de son mari, le comédien Abhishek Bachchan.

Premier des vingt-deux films en lice pour la Palme d'or à être dévoilé, "Blindness" relate une mystérieuse épidémie de cécité, surnommée le "mal blanc" qui se répand à une vitesse foudroyante dans une mégalopole non identifiée.

Incarcérés par des autorités rapidement débordées par une crise sanitaire hors norme, ces aveugles sont bientôt régis par la loi du plus fort.

Seule une femme (Julianne Moore) épargnée par l'épidémie, conserve son sens moral dans un univers qui s'effondre: les liens sociaux se défont, la lutte pour la nourriture se généralise, les femmes deviennent une marchandise.

Pour Fernando Meirelles, la force de l'histoire vient des différentes lectures, philosophique, politique, morale, que le spectateur aura de cette parabole sur la "fragilité de la civilisation".

"Dans ce monde, on ne voit pas les autres" a déploré de son côté l'acteur engagé américain Danny Glover, faisant référence aux "émeutes de la faim" survenues dans de nombreux pays ces derniers mois. "Le film traite de notre capacité à voir les autres et ce qui se passe autour de nous".

Un sentiment partagé par le président du jury du festival. L'acteur réalisateur Sean Penn a déclaré que le "tremblement de terre (en Chine) allait influencer (son) jugement sur presque tous les films", en réponse à une journaliste chinoise qui lui demandait si le séisme qui a fait des milliers de morts en Chine modifierait son regard.

"De même pour ce qui se passe en Birmanie. Ces choses qui arrivent sont une partie des émotions et de la vie que nous partageons tous, cela nous rend plus âpres", a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse.

Mercredi soir, les flashes crépiteront aussi pour les membres du jury de cette 61e édition, les acteurs Natalie Portman, Sergio Castellitto, Alexandra Maria Lara, Jeanne Balibar et les cinéastes Alfonso Cuaron, Apichatpong Weerasethakul, Rachid Bouchareb, Marjane Satrapi.

Dès jeudi, le festival prendra son rythme de croisière en dévoilant deux autres films de la compétition, "Waltz with Bashir" de l'Israélien Ari Folman et "Leonera" de l'Argentin Pablo Trapero, avant la projection le lendemain du premier des trois films français en lice pour la Palme, "Un conte de Noël" d'Arnaud Desplechin avec Mathieu Amalric et Catherine Deneuve.

Publié le: 14/05/2008 à 17:06:14 GMT Source : AFP
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