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Les Européens mettent la pression sur Mandelson avant la réunion à l'OMC
Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson (d) et son homologue à l'Agriculture Mariann Fischer Boel (g) le 18 juillet 2008 à Bruxelles (© AFP - Dominique Faget)
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BRUXELLES (AFP) - Les pays de l'UE ont dit vendredi vouloir "rééquilibrer" les négociations lors d'une réunion ministérielle cruciale de l'OMC qui commence lundi à Genève, insistant auprès de leur négociateur Peter Mandelson pour qu'il refuse toute nouvelle concession sur l'agriculture.
Réunis à Bruxelles après de récentes passes d'armes sur l'agriculture entre la France, qui préside l'UE, et M. Mandelson, les ministres européens en charge du Commerce ont indiqué vouloir "obtenir le rééquilibrage des concessions déjà faites" par l'UE à l'OMC.

Il devra s'agir d'un "rééquilibrage effectif" et "pas cosmétique", qui devra "porter d'abord sur un accès renforcé au marché des biens industriels de la part des pays émergents" et aussi "sur les services", a insisté la secrétaire d'Etat française au Commerce Anne-Marie Idrac, lors d'une conférence de presse finale.

Les Européens attendent des grands pays émergents, comme le Brésil, l'Inde ou la Chine, qu'ils ouvrent davantage leurs marchés aux produits industriels et aux services.

Emmenés par l'Irlande, dont la position s'est encore durcie après le rejet du traité de Lisbonne par référendum en juin, ils ont estimé vendredi avoir "épuisé leurs marges de manoeuvre sur le plan agricole" et ne veulent plus faire de concessions, selon Mme Idrac.

Or sur l'agriculture comme sur les autres dossiers, le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, qui négocie au nom de l'UE, veut garder une marge de manoeuvre pour avoir des chances d'arriver à un accord, avant l'élection présidentielle américaine en novembre.

S'il a assuré jeudi que l'Europe "ne pouvait accepter et n'accepterait pas un accord que nous ne pouvons pas défendre chez nous", il refuse d'arriver les mains liées sur un secteur particulier, selon une source européenne. D'autant que selon lui, "de nombreux compromis restent encore à trouver".

Lors de la réunion de vendredi, le commissaire britannique a indiqué "prendre note" de la fermeté des Etats membres, selon cette source. Mais il leur a aussi fait valoir qu'il estimait que leur déclaration n'était "pas figée par des conditions juridiquement contraignantes".

La Commission sera nécessairement amenée à "faire des appréciations en fonction de l'évolution des événements sur place", à Genève, a-t-il aussi ajouté.

Devant cette attitude, Mme Idrac a averti que les pays membres, qui seront représentés à Genève, surveilleraient de près leur commissaire. Il devra les informer "en continu" "sur le contenu des textes et les évolutions des négociations".

Signe du malaise, M. Mandelson comme la commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel ont brillé par leur absence à la conférence de presse qui a suivi vendredi la réunion des ministres.

A la veille du début de la présidence française de l'UE, M. Sarkozy avait reproché au commissaire d'avoir fait trop de concessions en matière agricole et de ne pas en avoir obtenus suffisamment dans les domaines des produits industriels et des services.

Il avait averti qu'il ne "laisserait pas faire" un accord à l'OMC qui sacrifierait la production agricole "sur l'autel du libéralisme mondial".

Vendredi, ce sont les Irlandais, "plus durs que jamais" selon un diplomate européen, qui ont pris le relais des Français, contraints à la retenue par leur statut de présidence de l'UE.

M. Mandelson "est allé trop loin sur l'agriculture" et "le contenu n'y est pas" dans l'industrie, a indiqué le ministre irlandais du Commmerce John McGuinness.

Il a même brandi la menace d'un veto à un accord à Genève si les compensations étaient insuffisantes, et ce alors que Nicolas Sarkozy sera parallèlement à Dublin lundi pour chercher des solutions au "non" irlandais au référendum.

Publié le: 18/07/2008 à 16:58:01 GMT Source : AFP
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