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Etats-Unis: mal en point, le tourisme veut se refaire une santé
La statue de la Liberté sur une ligne d'horizon de Manhattan le 9 septembre 2003 à New York (© AFP/Archives/Getty - Chris  Hondros)
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WASHINGTON (AFP) - Le tourisme est mal en point aux Etats-Unis, les problèmes de visas s'ajoutant au désamour des étrangers, et les professionnels du secteur en appellent au gouvernement pour les sortir de ce mauvais pas.
La part des Etats-Unis dans le tourisme mondial est au plus bas, avec un recul de 35% de sa part de marché depuis 1992, selon l'association américaine du tourisme (TIA).

Réunis mardi à Washington pour le sommet annuel du World Travel and Tourism Council, les professionnels du secteur ont énuméré les causes de cette désaffection, accentuée par l'"impact désastreux" de l'après 11-Septembre.

La politique d'immigration n'encourage pas le tourisme, avec l'instauration des passeports biométriques et des contrôles beaucoup plus pointilleux pour l'attribution de visas.

"Nous devons nous débarrasser de cette paranoïa et faire revenir les gens aux Etats-Unis", tonne Thomas Donohue, le président de la Chambre de commerce américaine.

"A cause des lois sur l'immigration, quand vous voulez faire des affaires avec les Arabes vous devez aller à Londres parce qu'ils ne peuvent pas obtenir de visa" pour les Etats-Unis, ajoute-t-il.

Autre facteur négatif, la côte d'amour des Etats-Unis a beaucoup baissé depuis la guerre en Irak.

"Les Etats-Unis sont une destination de moins en moins attractive. Auprès des Européens, ils sont passés de la 3e à la 6e place dans le classement des destinations favorites, et continuent de reculer", se désole Jay Rasulo, le président du conseil d'administration des parcs Disney.

Enfin, la concurrence devient de plus en plus rude sur le marché du tourisme, avec les progrès des pays d'ex-Europe de l'est ou des pays émergents comme la Chine par exemple.

Pour les Etats-Unis, cet affaiblissement coûte cher. Le tourisme représente chaque année une activité de 1.300 milliards de dollars et sans ces revenus, chaque foyer paierait 923 dollars d'impôts supplémentaires, souligne la TIA.

Face à cette situation, les professionnels américains du tourisme se désolent de l'immobilisme de leurs dirigeants. "Jusqu'à présent, une ou deux entreprises en ont plus fait à elles seules pour le tourisme que le gouvernement", assure Tim Zagat, le président des guides Zagat.

Pourtant, il est clairement apparu au lendemain du 11-Septembre que les commerçants, les musées et les restaurants avaient tout intérêt à la bonne santé du tourisme.

Le château de Cendrillon dans le parc de Disney World en Floride le 4 mai 2005 (© AFP/Arch./Walt Disney)
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"Cela me rappelle les années 70 et 80 dans le secteur automobile: pendant que les Etats-Unis dorment d'autres ont une activité fébrile", assure Marylin Carlson Nelson, PDG du groupe Carlson.


Pour enrayer la tendance l'implication du gouvernement est, selon les professionnels, essentielle, par le biais de campagnes promotionnelles et d'une réflexion sur la politique d'immigration.

Il faut "trouver un équilibre entre une politique de la porte ouverte et la sécurisation des frontières", selon M. Rasulo.

Il faudra pour cela que la profession serre les rangs afin de se faire entendre.

"Nous avons bien conscience de ne pas parler d'une seule voix, et cela donne une excuse facile aux dirigeants pour dire: je ne comprends pas de quoi vous parlez", ajoute le responsable de Disney.

Gene Sperling, l'ancien conseiller économique du président Clinton, estime qu'il faut mettre l'accent sur les arguments économiques. "Si vous dites tel impôt va coûter tant d'emploi, c'est quelque chose que le gouvernement comprend", souligne-t-il alors qu'un emploi sur huit aux Etats-Unis est directement ou indirectement lié au tourisme.

Publié le: 12/04/2006 à 09:13:21 GMT Source : AFP
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