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Etats-Unis: la Chambre va voter un châtiment fiscal pour le scandale des primes
WASHINGTON (AFP) - La Chambre des représentants américaine devait se prononcer jeudi sur un projet de loi visant à imposer à 90% les primes telles que celles octroyées, au grand dam de l'opinion publique, à des cadres de l'assureur AIG renfloué récemment par l'Etat.
Après avoir entendu mercredi en commission le patron d'AIG, Edward Liddy, les membres de la chambre basse s'apprêtaient à voter un impôt qui s'appliquerait aux salariés dont la rémunération dépasse les 250.000 dollars par an dans des entreprises qui ont reçu plus de cinq milliards de dollars d'aide publique.

Interrogé mardi sur le choix du chiffre de 90%, le représentant démocrate Charles Rangel, a répondu: "nous pensons que les collectivités et les Etats se chargeront des 10% restants".


De leur côté, les républicains de la Chambre ont annoncé jeudi matin qu'ils comptaient proposer un projet de loi concurrent qui permettrait de récupérer 100% des primes "immédiatement".

Au Sénat, un projet de sanction fiscale a également été évoqué.

Le scandale des primes intervient après le versement ce mois-ci à des cadres de l'assureur d'un total de 165 millions de dollars pour les inciter à rester dans l'entreprise. Dix d'entre eux ont reçu un montant cumulé de 42 millions, mais 11 cadres ont déjà quitté la compagnie.

Un document interne avait été émis en décembre 2007 pour déterminer la manière dont seraient réglées les primes à un certain nombre de cadres de la branche financière AIG Financial products (AIG-FP).

Les objectifs de la compagnie étaient alors de "fournir des incitations" aux cadres pour qu'il continuent à travailler au redressement financier d'AIG-FP.

C'était sans compter sur l'effondrement de la compagnie à l'automne 2008, maintenue depuis sous perfusion à coup de milliards de dollars par l'Etat (plus de 170 milliards depuis 2008). L'assureur appartient désormais à 80% à Washington.

Mercredi devant les parlementaires, M. Liddy a admis que des "fautes ont été commises au sein d'AIG".

Il a affirmé qu'il avait demandé aux cadres de rendre "au moins la moitié" des paiements perçus. "Quelques-uns ont déjà fait un geste et ont proposé de rendre la totalité de leurs primes", a-t-il annoncé, sans pour autant calmer la colère des parlementaires qui l'ont pressé de questions sur l'attribution "indigne" des primes.

"Je n'étais pas là" lorsque cela a été mis en place s'est borné à répondre le dirigeant qui a pris les commandes de l'assureur en septembre 2008.

Par ailleurs, selon le Washington Post de jeudi, la Réserve fédérale américaine (Fed) était au courant depuis trois mois de l'affaire des primes controversées mais n'en avait pas averti le Trésor ni la Maison Blanche.

Le responsable du contrôle de l'utilisation des fonds publics accordés aux banques américaines, Neil Barofsky, a annoncé jeudi qu'il allait enquêter sur l'affaire des primes et le rôle joué par le Trésor.

M. Geithner et ses collaborateurs ont appris le 10 mars l'existence de ces primes. Ils ont alors examiné les faits et conclu que le gouvernement ne pouvait pas changer des contrats déjà établis.

Le grand argentier du président Barack Obama, avait annoncé mardi soir qu'AIG devrait rembourser l'intégralité des primes controversées.

Le président Obama de son côté a déclaré mercredi à Costa Mesa (Californie, ouest) qu'il assumait les responsabilités éventuelles du premier scandale de sa présidence.

Publié le: 19/03/2009 à 15:54:51 GMT Source : AFP
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