| Espagne: polémique autour de propos de la reine Sofia sur les homosexuels |
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MADRID (AFP) - A la veille de son 70e anniversaire, la reine Sofia d'Espagne a suscité la polémique en raison de propos controversés, notamment sur les homosexuels, publiés dans un livre qui lui est consacré, "La Reine de très près". |
Elle a estimé que les homosexuels pouvaient "vivre ensemble ou s'habiller en mariés", tout en ajoutant: "mais qu'ils n'appellent pas cela mariage, car ça ne l'est pas", dans ce livre écrit par la journaliste espagnole Pilar Urbano et sorti cette semaine.
Les collectifs espagnols de défense des homosexuels ont immédiatement dénoncé ces propos, alors que le mariage homosexuel est une réforme emblématique mise en oeuvre en 2005 par le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero.
Et la Maison royale, embarrassée, a publié un communiqué soulignant que la souveraine déplorait "l'inexactitude" des déclarations qui lui étaient attribuées et rappelant son "profond respect pour toutes les personnes, sa proximité de ceux qui souffrent, sont poursuivis ou persécutés".
La Fédération des Lesbiennes, Gays, Transsexuels et Bisexuels s'est dit vendredi "satisfaite" de cette mise au point, mais la controverse sur ces déclarations et le rôle de la reine dans la monarchie constitutionnelle espagnole n'en était pas pour autant terminée.
Ces remous tombent mal pour l'épouse du roi Juan Carlos, avec qui elle se trouvait cette semaine en Amérique Latine, alors qu'elle fête dimanche son 70e anniversaire et que de multiples hommages sont prévus, notamment à la télévision.
Le Parti Populaire (PP) conservateur d'opposition, pourtant proche des positions conservatrices exprimées par la reine, a estimé vendredi que les membres de la famille royale devaient maintenir un "principe de neutralité".
"Je pense que l'institution (royale) ne doit pas parler. Le roi et la reine sont comme le drapeau, qui joue son rôle dans les actes officiels mais sans faire de déclarations", a jugé le secrétaire à la Communication du PP, Esteban Gonzales Pons.
"Heureusement que l'Espagne n'est plus un royaume comme avant", a pour sa part estimé le député de la coalition écolo-communiste IU, Gaspar Llamazares.
Il s'est dit en désaccord avec les déclarations de la reine et a rappelé que c'était le Parlement, et non elle, qui décidait si l'union entre homosexuels était ou non un "mariage".
La vice-présidente et porte-parole du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, a de son coté prudemment esquivé la polémique vendredi, se contenant d'affirmer que cette reine "aimée et respectée" remplissait son rôle de façon "impeccable".
La souveraine espagnole, toujours selon le livre, a aussi manifesté son opposition à l'avortement et à une possible légalisation de l'euthanasie, tout en se réjouissant de la possible arrivée d'un Noir, Barack Obama, à la Maison Blanche.
Pilar Urbano a réaffirmé vendredi la véracité des propos attribués à la reine dans le livre et défendu son droit à donner une "opinion" sur tous les sujets.
Selon elle, la souveraine n'a "rien à voir" avec la mise au point officielle sur ses déclarations, qui résulte d'un "excès de zèle" de la Maison royale.
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| Publié le: 31/10/2008 à 14:44:05 GMT |
Source : AFP |
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